‹ Dressage et menage. Dessins de Crafty.: Dessins de CraftyChapitre 65 sur 107 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

carrosses monumentaux et lés véhiculant avec solennité, avaient succédé des chevaux de race anglaise, moins grands, moins gros, infiniment moins majestueux, mais beaucoup plus rapides, pour lesquels il a fallu construire des voitures plus légères et qui, naturellement, ne permettaient pas de déployer le luxe d'ornements qui distinguait les voitures qui les avaient précédées.

Pendant les guerres de la République et de l'Empire, rindustrie de la carrosserie fut complètement anéantie chez nous ; mais elle continua ses progrès en Angleterre, dont ce peuple pratique appréciait surtout les voitures lorsqu'elles étaient faciles à traîner et douces pour le voyageur.

Les carrossiers anglais prirent le devant et devinrent nos maîtres. Sous le premier Empire, les voitures anglaises jouirent en France d'une véritable vogue, et, malgré les soins apportés et les richesses accumulées dans la construction du carrosse de la cérémonie du sacre de Napoléon I", cette voiture a un aspect mesquin et bourgeois lorsqu'on la compare aux carrosses fastueux du grand roi Louis XIV. A partir de cette époque, la carrosserie en général rivalisa de zèle pour satisfaire aux besoins toujours croissants des voyageurs, qui se développaient dans toutes les classes de la société. Le commerce, l'industrie, en prenant une extension considérable, favorisaient la construction de véhicules de toutes sortes et de toutes formes, qui répondaient aux nécessités qui naissaient chaque jour.

La carrosserie belge avait fait de grands progrès à cette époque, et occupait en Europe le deuxième rang après la carrosserie anglaise. L'Autriche fabriquait également

beaucoup, et sa carrosserie se répandait en Allemagne, en Russie et en Orient.

La Pologne et la Russie nous envoyèrent le wurch et le drovski; TAllemagne, la berline; la Belgique, la lilloise; TAngleterre, la chaise de poste, le coupé, la calèche, la Victoria, le mylord, le landau, les breaks et les dog-carts de toute sorte.

A partir de 1835, la carrosserie française commence à reconquérir peu à peu le terrain qu'elle avait perdu, mais toujours en s'inspirant des produits anglais.

Les Anglais passaient pour construire des voitures plus solides que les nôtres.

L'acier et le fer avaient fait chez eux de grands. progrès, et ils étaient réputés universellement pour faire des ressorts inimitables.

Nous prenions nos aciers en Angleterre, et presque tou$ nos carrossiers français de cette époque allaient très souvent à Londres pour copier les voitures nouvelles.

On adoptait les formes anglaises, mais on les francisait par le goût, le luxe et l'ornement.

Petit à petit l'opinion générale fut que, si les Anglais construisaient des voitures très solides, les Français construisaient des voitures d'une élégance parfaite.

On aurait pu croire que l'invention des chemins de fer aurait porté un coup fatal à la carrosserie; mais, au contraire, cette merveilleuse innovation, en facilitant les transactions commerciales et autres, amena un surcroît de travail à la carrosserie.

Depuis cette époque, aussitôt qu'une nouvelle voiture anglaise était introduite en France, on était unanime à constater l'excellence de ses applications et sa solidité,

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