‹ Dressage et menage. Dessins de Crafty.: Dessins de CraftyChapitre 76 sur 107 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La mode change lentement en Angleterre ; nous devons, cependant au mauvais goût de nos voisins ces voitures si antisport, si incommodes, nommées governess-car de l'autre côté du détroit, et plus communément chez nous « tonneaux » .

En Amérique^ la carrosserie est très soignée, mais revient à 75 pour 100 plus cher qu'en France. Les modèles américains ne ressemblent nullement à ceux de France. Leurs voitures, comme leurs harnais, sont très légères et très solides. Les roues en sont minces et de grand diamètre. Elles sont en bois de hickory de deuxième croissance, les moyeux en bouleau noir, presque toujours à pneumatiques ; leurs essieux sont montés à billes.

La dernière invention des carrossiers américains, leur dernière nouveauté en « side » est le Palo-alto^ sorte de phaéton à deux places, de Taspect le plus saugrenu.

L'emploi des essieux à billes dont je viens de parler donne 37 à 47 pour 100 d'économie de traction. Il supporte le grippage, la rupture des fusées, le bruit des boîtes et du choc latéral.

Si vous êtes peu fortuné, achetez, comme vos selles, vos voitures d'occasion, mais qu'elles soient à la marque du meilleur faiseur .

Certains centres en France ont la spécialité des « voitures en blanc » : Dijon, Saint-Amand, Sancoins.

Ce sont ces manufactures qui fournissent à bon marché beaucoup de petits carrossiers. Ces derniers les barbouillent avec de la mauvaise peinture et font graver leur nom sur le chapeau de l'essieu, et le tour est joué.

L'idéal, comme commodité d'entretien, est la charrette

vous.

en acajou ou en sapin verni. Cependant, on la néglige tellement, sous prétexte qu'elle a coûté bon marché et qu'elle ne a craint rien », qu'on finit par s'en servir sale et décrépite, sans la moindre vergogne.

Quelle sera la couleur de mes voitures? demanderez-

Mon Dieu! celle qui vous plaira le plus.

On peut à la campagne avoir le train jaune : c'est la couleur qu'on peut raccorder soi-même le plus facilement et sur laquelle les taches paraissent le moins.

A ce sujet, voici quelques conseils donnés par Croqueville, dans Paris en voiture [Nouvelle Revue ^ 1891).

a Au commencement du règne de Louis-Philippe, il y avait encore beaucoup de voitures jaunes (la dormeuse de Mme de Bartellat, qui constituait une relique du siècle précédent, était jaune). Pendant les premières années de l'Empire, le prétendu bon goût voulut un instant qu'on choisît les couleurs foncées avec filets noirs ou sombres. L'usage fit vite justice de cette sobriété, car non seulement les taches paraissaient irrémédiablement sur ce fond, mais les couleurs elles-mêmes se ternissaient et se confondaient entre elles par la perte de leur brillant et de leur transparence. »

On adopta alors, d'une façon assez générale, le vert foncé, le brun et le bleu, mais avec filets rouges ou jaunes.

Cette peinture était jolie ou laide, selon que l'on faisait observer au peintre, consciemment ou inconsciemment, les lois qui régissent la réaction des couleurs entre elles, et que le vernis fût ou restât incolore, c'est-à-dire qu'il ne modifiât en rien, par une teinte acquise avec le temps,

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