‹ Drogues de policeChapitre 40 sur 49 · III, — L’'AFFAIRE CENS · texte numérisé non relu

III, — L’'AFFAIRE CENS

40 Nous ferons grâce au lecteur de ce qu’en ont fait les journaux. À titre d'exemple, et pour attribuer la palme de l'erreur et de la sottise, voici quelques lignes de France-Soir du 24 décembre 1947, entre deux ou trois photographies de filles demi-nues : « Raymond Sens (sic) dangereux agent de la Gestapo, âme damnée de l’intendant de police Marty... Meurtrier de deux agents, Sens avait reçu, lors de la libération, une balle de « maguisard » qui lui était restée dans la tête, ce qui lui avait permis de jouer les simüulateurs. Réelle ou feinte, cette simulation dissimulait la vérité..…, etc. » Ce journaliste prête ensuite au Dr GÉNIL-PERRIN les propos suivants : « On n’a jamais employé sur les prévenus le sérum de la vérité qui, à mon avis, est une blague. Il est possible que les infirmiers aient fau sur lui un traitement par des injections appropriées à son cas et ma foi, s’il a réussi au delà de toutes espérances, alors c’est un miracle. » Il convient de proposer à l’admiration des honnêtes gens le mon-

sieur qui a écrit cela. Il signe (car il a encore le toufpet de signer) Georges GHERRA.

2° Même carence de la presse, à quelques rares exceptions près, en ce qui concerne la signification des débats et du jugement. Au point de vue proprement juridique, rappelons que le meilleur commentaire est celui de ME CroQUuEZz, avocat à la Cour de Cassation, dans la Gazette du Palais du 23-25 mars 1949. D'un point de vue plus général nous nous sommes essayé à tirer la leçon de l'affaire dans les Études de mai 1949.

3° En ce qui concerne les explications des experts incriminés, : faut citer deux documents. Le premier est la communication déjà signalée de MM. HEuYER et FAVREAU à la Société de Médecine légale (Annales de Médecine légale, mars-avril 1948). Le second, un article de M. LAIGNEL-LAVASTINE dans le Monde médical de juin 1949. M. Laignel-Lavastine, pourtant bien placé pour savoir qu’il n’en est rien, affirme que Cens était simulateur. Il traite la décision de l’Académie de médecine de vote réactionnaire. Il déclare qe « pour éclairer la dynamique des conduites, se priver

e la narco-analyse c’est un peu comme en astronomie

se contenter de l'œil nu pour étudier les étoiles et en biologie limiter les études morphologiques en deçà du microscope. » Les experts de Cens ont dû regarder par le mauvais bout de la lunette...

49 Le Dr LoGre est venu au secours de ses confrères dans un article (du Monde, 30 novembre 1948) où il tente de légitimer les droits absolus de l'expert et qualifie d'états affectifs les craintes des opposants. Depuis, dans un nouvel article (le Monde, 21 avril 1949, le Dr Logre a lâché du lest ; il convient que, sinon le pentothal, du moins ee qui le suit doit faire réfléchir, et finalement partage lesdits états affectifs.

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