‹ Droit des gens à Rome: Droit françaisChapitre 21 sur 93 · II · texte numérisé non relu

II

(2) Titläv. V, 36,

Denys. d’Hal. XIII, 18.

(3) Tite-Live XXIIT, 34, 38.

(4) Orat. Philip. VIII, 8.

FN

«Les Tarentins », dit Ampère(1), «avaient imaginé de se poser en arbitres entre les Romainset les Samnites. Ils avaient interdit aux premiers de passer uncertain promontoire. Les Romains l'ayant passé, les Tarentins attaquèrent la flotte romaine, coulèrent un des vaisseaux et en capturèrent plusieurs. Puis des envoyés de Rome étant venus se plaindre à Tarente, ils furent reçus dans le théâtre où se réunissaient les assemblées politiques qui, à Rome, se tenaientdans les temples. On se moqua de ces hommes qui n'étaient pas vêtus à la grecque et parlaient malle grec ; un plaisant s’avisa de souiller de la façon la plus grossière la toge de lun d’eux, Postumius. Toutle mondese mit à rire. Le Romain secontentade dire gravement : « Riez, riez, il faudra beaucoupde sang pour nettoyer mon habit. (Val: Max.1l. 2. 5.). »

Ampère cite encore l’exemple suivant qui montre le cas que les Romains faisaient de leurs ambassadeurs : « En 317», dit-il (2), «comme ils respiraient depuis quelques années des agressions sabelliques, ils furent forcés de tourner leurs armes du côté de l’Etrurie par la perfidie du roi des Véies, Tolumnius, qui, au mépris du droit des sens, avait fait égorger quatre patriciens envoyés vers lui en ambassade. J’ai dit que leurs statues furent placées près de la tribune. Ces statues

(NEO cit Il p.50:

(2) Loc. cit. IT, p. 502.

n'avaient que trois pieds de haut; elles existèrent jusque vers le temps de Cicéron ».

L'importance du rôle des ambassadeurs à Rome n’a pas échappé à de Beaufort «1) : « Le Sénat de Rome », dit-il, « sut accoutumer tous les peuples à lui obéir comme libres, avant que deles assujettir. Il les gouvernait, pour ainsi dire, par ses ambassadeurs, qui étaient presque toujours en campaone, percouraient les cours des Princes et des Républiques, s’informaient de la disposition des peuples et en informaient le Sénat. Celui-ci, pour donner plus de relief à ses ambassadeurs, qui étaient toujours tirés de son Corps, revêtait ‘de ce caractère les personnages les plus illustres de Rome, ceux qu’on avait tous honorés du Consulat et du commandement des armées. Partout où ils arrivaient, ils prenaient connaissance de l’intérieur de l'Etat, s’ingéraient dans les affaires domestiques, se formaient une faction qu’ils ne manquaient pas de protéger et d’avancer en toute occasion. Sur le moindre différent qui survenait entre quelques rois ou peuples alliés, ces ambassadeurs accouraient, prenaient connaissance de l'affaire et s’érigeaient en arbitres sans en être requis. La crainte de les voir se joindre aux partis contraires attirait une prompte solution aux arrêts qu’ils prononçaient. Ainsi ce fut par ses ambassadeurs que le Sénat trouva l’art de dominer

(1) Loc.‘cit.1l,p:278.

sur toutes ces nations et elles étaient accoutumées à obéir lorsqu'il voulait les assujettir ».

Il faut signaler en effet le rôle d’arbitre pris fréquemment par Rome entre Etats étrangers.

Tite-Live dit en parlant des Etoliens (1) : « Interrogati, ab uno senatore permitterintne arbitrium de se Populo romano ».

Le plus souvent Rome imposait son arbitrage aux Etats étrangers sans attendre qu’ils aient eu recours à ses bons offices et sa grande supériorité en assurait la sanction en les obligeant de se soumettre à la solution qu’elle avait donnée et de n’en pas différer l’exécution.

« Les messagers d'Etats avaient », rapporte Mommsen (2) », le droit d’être défrayés de toute dépense » et, au témoignage de Fite-Live, il arrivait même qu’on leur fit des présents comme aux envoyés de Sagonte qui reçurent chacun « dena millia æris (3) ».

Les ambassadeurs envoyés à Rome devaient transmettre leurs messages en latin.« Sylla permit pour la première fois aux ambassadeurs étrangers de parler grec devant le Sénat sans interprête » (4).

D'ordinaire, ils devaient attendre assez longtemps que le Sénat leur donnât audience, et ce

(1) Tite-Live XXX VII, 49.

roc. citaov, 1227:

(3) Tite-Live XXVIII, 39.

(4) Mommsen, loc. cit., p. 200.

n’est que dans les cas pressants qu'ils étaient immédiatement reçus. L’attente qu’on leur imposait ainsi marquait la supériorité de Rome et permettait le cas échéant de les circonvenir plus aisément.

Enfin, quelquefois, les Romains déclaraient qu'ils ne recevraient pas les ambassadeurs de telle ou telle nation et que, s’ils se présentaient, ils les traiteraient en ennemis.

« Denuntiatumque », dit Tite-Live (1), « si qua deinde legatio ex Aetolis nisi permissu Imperatoris, qui eam provinciam obtineret et cum legato Romano, venisset Romam, pro hostibus omnes futuros. » C'était là un moyen d’'intimidation ; mais ilarrivait aussi qu’une pareille défense n’eut pour but que d'assurer le respect du droit des gens. C’est ce qui arriva lorsque les Lucaniens se mirent sous la protection des Romains et que ceux-ci envoyèrent à la diète samnite une ambassade qui demanda l'évacuation de la Lucanie,

« La déclaration de cette prétention qui en faisait des sujets », dit Niebuhr(2) «indigna tellement les Samnites que sur le champ ils résolurent la guerre en ordonnant aux ambassadeurs de quitter le Samnium. D’après une autre version (Tite-Live. X. 12.) on aurait envoyé prévenir les Fétiaux de ne se présenter &evant aucune assemblée de can-

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