SOINS
vait être cueillie sur le Capitole où avait habité Tatius. (Serv. Æneid. XIT. 120). Les Fétiaux existaient chez d’autres peuples appartenant àla même race, tels que les samnites ; c'était une coutume cénérale chez les nations sabelliques et que probablement elles avaient reçue des Pélasges.….. »
« En attribuant aux Sabins l'établissement des Fétiaux à Rome, la tradition est conforme à la vraisemblance. Quand on douterait que leur renom de religieuse moralité fut complètement mérité, il faudrait admettre que ce renom reposait sur quelque chose. Une institution qui fut un hommage, un droit quelconque, ne pouvait venir du Palatin, où une population sans lois, mêlée à des aventuriers, devait êtreétrangère à toute tradition de droit international. Cette tradition peut avoir existé chez une nation plus civilisée, dès longtemps en rapport et en contact avec l’Etrurie qui l'était encore plus. Les Romains la conservèrent, parce que le Fétial personnifiait en lui ce sentiment du droit emprunté aux Sabins que les Romains portèrent dans leurs guerres les plus uniques ; car il leur sembla toujours juste de conquérir l'empire du monde ».
Section IV.— Les Fétiaux et leurs attributions. Ainsi que nous l'avons vu plus haut, les Fétiaux
étaient un des anciens collèces sacerdotaux de Rome, Celui-ci comprenait vingt membres. « Les
Fétiaux, juges du droit publie, «dit Niebuhr (1), « étaient au nombre de vingt; il y en avait donc un de chaque curie pour les deux premières tribus; c’est ainsi que l’on en choisissait quatre pour ambassadeurs, c’est-à-dire deux de chaque tribu ».
Dans le principe les patriciens purent seuls faire partie du collège des Fétiaux comme des autres collèges; mais il est probable que les. plébéiens y arrivèrent à leur tour (2).
L’habitation des L'étiaux était probablement comme celle des Flamines près du temple de Bellone et de la Colonne de la guerre d’où ils jetaient du côté de l'ennemi que Rome voulait attaquer une lance ensanglantée(3). :
Depuis la République le collège des Fétiaux se recrutait par la cooptatio, c'est-à-dire par l’élection de ses propres membres. Il en était d’ailleurs de même pour les anciens collèges. « La nomination des prêtres(4) qui avait été une prérogative royale ne fut pas transférée aux consuls ».
Le collège était présidé par le Magister Fetialium: quant au Pater Patratus, c'était un membre
(4) Hist. rom. I, p. 425.
(2) Duruy.— Loc. eit. I, p. 273. — En 300 la loi Ogulnia, vivement soutenne par un Decius décréta qu'il y aurait à l’avenir quatre pontifes et cinq augures plébéiens ; c’était le partage du sacerdoce. (Cf. Mommsen II, p.334. — Niebuhr I, p. 425. — Ampère IT, p. 364, note 1).
(3) Ampère. — Loc. cit. II, p. 370.
(4) Mommsen. — I, p. 315.
qui remplissait, comme nous le verrons, une fonction toute temporaire.
« On compte encore, « dit de Beaufort (1) », les Fetiales dontles fonctions principales consistaient à faire attention que les Romains ne s’engageassent pas légèrement dans des guerres injustes. En général, c'était à leur collège que se rapportait tout ce qui concernait le droit des gens, soit que les Romains se prétendissent lésés, soit que quelqu’autre nation se plaignit d’eux et comme les Romains coloraient ou tâchaient de colorer toutes leurs guerres d’une apparence dejustice, ils n’en entreprenaient aucune qu’ils n’eussent consulté les Féciaux, qui étaient trop raisonnables pour leur faire perdre par de vains scrupules les occasions d’étendre leurs conquêtes ».
Et pour compléter ce tableau et déterminer le caractère etle rôle des Fétiaux, nous ajouterons, avec Duruy (2), que «si les prêtres ne composaient pas un ordre à part, ils formaient à raison de leurs fonctions sacerdotales des collèges particuliers tout en demeurant comme sénateurs ou magistrats membres actifs de la Société et, comme citoyens, sujets de la loiet ses représentants. Si donc, à Rome, la religion et ses ministres furent liés à la politique, ce n’était pas en la dominant, mais en lui restant toujours subordonnés ».
Aussine faut-il prendre que pour une affir-
(1) Loc. cit., p. 45.
(2) Loc. cit., p. 96.
nor
mation purement gratuite la théoriede Hubner (1)
lorsqu'il dit: «Quand les Fétiaux s’opposaient à
ladéclaration de guerre et refusaient d'y donnerles
mains, il n’était permis ni aux particuliers, ni au
dépositaire de la souveraineté de s’y résoudre ou
de prendre les armes. Il fallait que le souverain
reçut d'eux cette permission, après quoi il pouvait, délibérer et choisir les moyens les plus convena-
bles pour conduire heureusement la guerre»,
Il n’y a pas d'exemple dans l’histoire romaine d’un refus des Fétiaux de procéder aux formalités de la déclaration de guerre qui d’ailleurs, nous le verrons, était votée par le Sénat, puis par les comices, — tandis qu’on peut relever à leur actif diverses entorses heureuses données aux rites pieux auxquels ils présidaient.
« Denys d’Halicarnasse et plusieurs auteurs écrivains très estimables, » dit Hubner (2), «attribuent à l'établissement du collège des Fétiaux toutes les prospérités de Rome; car, dit cet historien, « comme les Romains n’entreprenaient aucune guerre quine futtrès juste, ils ont toujours éprouvé le secours des dieux ».
Section V. — Sens de l’expression bellum
Jjustum.
D’après les historiens de Rome, les Romains n’entreprenaient pas de guerre qui fut injuste.
(1) Loc. eit. I, p.431.
(2) Loc. cit. I, p. 434.