‹ Droit des gensChapitre 78 sur 143 · Lôffler, ouvrage cité · texte numérisé non relu

Lôffler, ouvrage cité

Les Sociétés de secours ont viviement réclamé contre cette disposition', et plusieurs gouvernements auraient désiré, comme elles, que la neutralité ftit étendue au matériel hospitalier tout entier. On a donné surtout pour raison de ce changement, que le personnel sanitaire, responsable aussi bien du matériel que des blessés qui lui sont confiés, serait fort embarrassé de savoir comment se comporter à l'approche de l'ennemi. S'il sait que les blessés n'ont rien à redouter de celui-ci, mais que le matériel sera perdu, n'est-il pas à craindre qu'il évacue l'hôpital en emportant les lits et le mobilier pour les mettre à l'abri, et en laissant les blessés dans le dénûment, jusqu'à ce qu'ils soient recueillis par l'envahisseur? On a cité des exemples à l'appui de cette hypothèse ; mais, il faut bien le dire, il s'agissait, dans ces cas là , de médecins qui avaient intérêt à se sauver eux-mêmes , et qui auront trouvé commode de légitimer ainsi leur conduite. D'autres, dans des circonstances analogues, ont emmené du moins les blessés avec eux, comme ce fut le cas en 1866, à Babenhausen pour l'armée allemande, et à Laufach pour l'armée prus-

1. 1867, I, 231 à 237, II, 71 ; — voir aussi Naundoriï, ouvrage cité, 488, et commentaire sur l'art. 1 [supra), § 2.

COMMENTAIRE DE LA CONViiNTlON. 185

sienne\ Sous le régime établi par la Convention, rien de pareil ne peut avoir lieu, surtout depuis que l'article 1" additionnel a obligé les médecins à rester auprès de leurs patients. Ni les uns ni les autres ne se retirant, il n'y aura personne pour emporter le matériel. D'autre part, les blessés n'ont aucun intérêt à ce que ce matériel soit neutralisé, et rien, dès lors, ne justifie une loi d'exception en sa faveur.

§ 3. Mais il en est autrement des ambulances, et sous cette dénomination nous devons comprendre, comme dans l'article 1", en vertu de l'article 3 additionnel, les hôpitaux de campagne et autres établissements temporaires qui suivent les troupes sur les champs de bataille, pour y recevoir des malades et des blessés.

Les ambulances sont beaucoup j)lus exposées à être prises que les hôpitaux, dont elles constituent en quelque sorte l'avant-garde, puisque leur tâche consiste h s'aventurer le plus près possible de l'ennemi. Qu'un hôpital soit neutre ou ne le soit pas, il ne rendra ni plus ni moins de services; en sa qualité d'établissement fixe, il attend que les blessés viennent à lui, et son utilité dépend de la direction que

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