‹ Droit et Economie PolitiqueChapitre 67 sur 93 · V. Pottier, op. cit., p · texte numérisé non relu

V. Pottier, op. cit., p

le phénomène linguistique, au contraire, a pour objet exclusif des personnes. Dès lors, on peut prévoir que les liens entre l’art et l'économie seront aussi étroits que ceux entre l’économie et le droit, et présenteront la même réciprocité. C’est ce qui résulte, en effet, de l’ensemble des travaux contemporains.

Le conditionnement de l’économie par le phénomène esthétique est à la fois direct et indirect.

I. — L'art agit directement sur le système de la production par deux voies. Il influe d'abord sur l'efficacité du #ravail. L'efficacité mécanique de celui-ci, et par suite son efficacité économique, son pouvoir de création ou de transformation de valeur, dépend de son caractère rythmique : ainsi que nous l'avons observé déjà, le rythme est nécessaire au travail en commun ; comme le dit Bücher, « le travail porte sa loi rythmique en luimême ». On peut ainsi classer les travaux d’après les modes de leur rythme, et notamment selon que les travailleurs suivent un même rythme ou un rythme alterné (1).— L'art est aussi, à l'origine

1. V. à ce sujet : Bücher. Etudes d'Histoire et d’Econ. pol., p. 233 sqq., 241 sqq.

surtout, un facteur actif de capitalisation ; c'est surtout par le moyen de l’ornement que s’est faite d’abord l'épargne (1). Enfin le système de l'échange se laisse rattacher, quant à son instrument, la monnaie, à des influences analogues. Schurtz distingue quatre sortes de monnaies primitives (2) : la monnaie-parure, la monnaie-habillement, la monnaie-aliment, la monnaie-utilité. La première est de beaucoup plus répandue. L'ornement, en effet, était par sa nature prédestiné à devenir monnaie : l'ornement personnel surtout, par le prestige social qu'il confère, par la puissance magique qu'on lui prête, prend naturellement cette désirabilité générale et infinie qui caractérise la monnaie (3).

11. — La dépendance de l'économie vis-à-vis de l'art est surtout indirecte. Elle se réalise aussi par deux voies, à travers deux intermédiaires. Le phénomène esthétique n'est d’abord pas sans influence sur la fechnique de la production ; et en agissant ainsi sur ses moyens il contribue à en déterminer l'efficacité. Tout ce qui rend le travail plus attrayant tend à en accroître la valeur écono-

1. V. là-dessus Carlile. Evolution of modern Money, P. 241-242.

2. Schurtz. Grundriss einer Entstchungsgeschichte des Geldes, 1898.

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