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Mais si les notions religieuses sont ainsi un facteur de division du travail, elles peuvent aussi arrêter en route les progrès de la spécialisation. Par le caractère sacré spécial dont elles revêtent Îles castes et les métiers, elles les isolent les uns des autres, et aboutissent ainsi à l'hérédité des professions, laquelle constitue un obstacle à une spécialisation plus poussée; la division du travail reste limitée à la « formation des professions » sans pouvoir atteindre à un mode plus élevé.

TITI. — Quelles peuvent être enfin les répercussions qu'a le système religieux sur le régime de la distribution ?

Il agit d’abord sur cette distribution des biens qui se fait par les échanges. Comme la division du travail, l'échange semble être sorti de pratiques religieuses : c’est ce qui explique le caractère obligatoire qu'il prend normalement à son origine. Les clans totémiques spécialisés peuvent seuls capturer leurs animaux totémiques respectifs ; mais comme chaque clan ne peut consommer son totem, il s'ensuit un échange obligatoire entre les différents clans ; et semblablement, de la division du travail intertribale procède un commerce intertribal, forme première du commerce international. A l’intérieur même de chaque groupe, un grand nombre de prestations, réciproques ou non, sont commandées par les préceptes religieux

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et sanctionnées comme telles (1) ; il en est resté ainsi très longtemps des prestations entre parents. — Mais, comme la division du travail, l'échange peut aussi trouver, dans certaines notions ou règles religieuses un obstacle : sil'échange entre individus se développe normalement plus tard que l’échange entre groupes, cela tient en partie aux notions magiques qui font que, par un objet, on peut agir sur celui qui en a été le possesseur et qui est ainsi incité à le conserver. L'identification magique de l'objet au possesseur, source des premières propriétés individuelles, est aussi ce qui empêche ces propriétés de se mouvoir et de se transmettre. Non seulement le développement même de l’échange dépend des notions et des institutions religieuses ; mais elles en déterminent souvent aussi les conditions et l’organisation. Les centres d'échange, les marchés, impliquant une concentration de la population, tendent toujours à coïncider dans le temps et dans l’espace avec les fêtes religieuses : la fête appelle le marché. Dès lors, celui-ci, enveloppé en quelque sorte dans un milieu religieux, devient une véritable institution religieuse, souvent réglée par les prêtres, où l’on n'entre qu’en accomplissant certains rites, où

1. V. sur les origines religieuses de l'échange : Somlo. pe d'y} 2 pt à 1] 1 L 4 , h Der Güterverkehr in der Urgsellschaft, 1909, p. 45 sqq.

se parle une langue rituelle, et où les prix mêmes, souvent fixés d'autorité, sont sanctionnés par des peines religieuses (1). Enfin le moyen des échanges, la monnaie, présente toujours à l’origine un caractère religieux ; caractère nécessaire, selon M. Espinas (2), sans lequel l'empreinte monétaire n'’eût pu inspirer une confiance assez absolue : et c’est pourquoi les temples ont été les premiers hôtels des monnaies.

Que l’ensemble des institutions religieuses agisse enfin sur la répartition des revenus, c'est une évidence qu'il suffit d’énoncer, et dont on trouve déjà la perception dans les longs développements de Smith (3) sur les revenus du clergé et en particulier sur les mauvais effets économiques des ordres mendiants, qu'il compare à ceux du pillage qui suit une guerre. |

L'influence qu'exercentles institutionsreligieuses sur tout l’ensemble de la vie économique est donc très loin d'être insignifiante, surtout dans les sociétés inférieures. Il y à à cela, croyons-nous, deux raisons : une raison générale, el une raison spéciale aux phénomènes économiques. — La première tient au rôle central que joue la religion

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