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Livre V, chapitre I, $ 3 .(t. IL, p

dans les sociétés primitives, et à l'influence prépondérante qu’elle a sur toutes les institutions sociales ; la technique, le droit, la langue, l’art primitif sont profondément imprégnés de notions religieuses qui leur confèrent des caractères tout spéciaux. Îl en est naturellement de même de l’économie. — De plus, beaucoup d'actions économiques, comme l'épargne, Ja capitalisation, l'échange même impliquent, de la part de l'individu, un travail ou une privation, donc une contrainte infligée aux tendances spontanées de sa nature. Or cette contrainte n'a pu être le fait d'une inhibition volontaire de sa part; car il ny a aucune raison originelle qui puisse faire que ces tendances cèdent aux besoins économiques qu elles gènent ; elles sont aussi spontanées qu'eux, et fondées au même degré dans son organisation morale et physique. Il a donc fallu que cette contrainte fùt imposée à l'individu du dehors, et même sous des sanctions particulièrement fortes. La religion seule pouvait remplir cette fonction ; et voilà pourquoi elle a eu une importance capitale pour le développement économique de l'humanité.

Les phénomènes religieux ont, surtout à l’origine, un objet utilitaire et pratique au même titre que les phénomènes économiques ; dès lors, ils ne sauraient être considérés à part des conditions de la vie matérielle: Comme tout système social, le système religieux comprend des organisations sociales, des notions ou croyances, enfin des pratiques ou rites. Chacun de ces trois éléments porte la trace d’influences d’ordre économique.

I. — Les organisations religieuses, et en particulier les plus vastes d’entre elles, les Eglises, ne peuvent, en raison de la place séparée qu'elles ont, et de l'espèce d'isolement où elles sont plus ou moins tenues dans toutes les sociétés, se passer d’une puissance propre qui leur permette de résister à l’action des agents externes de dissolution. Cette puissance implique une certaine richesse, et dépend par suite de conditions économiques.

Comme l'observait Adam Smith (1), « les progrès successifs des arts, des manufactures et du commerce ont détruit, dans la majeure partie de l'Europe, toute la puissance temporelle du clergé. Le produit des arts, des manufactures et du com-

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