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PRÉFACE IX

normes morales supérieures reste trop souvent une vérité générale et abstraite, que.leur bon sens et leur foi leur imposent, mais qu’ils oublient d'appliquer dans la pratique. Telle loi humaine est-elle conforme à la morale? Comporte-t-elle une obligation de conscience? Heureux, si pour résoudre des questions pareilles, ils consultaient un moraliste bien au courant. Ici, comme ailleurs, une crainte salutaire, la crainte de mal agir, est le commencement de la sagesse. Mais une telle consultation est parfois difficile, souvent négligée: il arrive que les prescriptions morales ne comptent plus guère, quand elles ne s'imposent pas par leur évidence,

Voilà pourquoi le R. P. Salsmans a fait une œuvre très méritoire en écrivant ce livre, qui ne se borne pas à des généralités, mais spécifie les applications. Non pas qu’il fournisse de toutes pièces la solution de toute difficulté: chaque cas a ses notes individuelles. Mais, du moins, l’on trouve ici les principes applicables et appliqués aux différentes questions.

Ce volume ne prétend nullement présenter une lecture d’agrément: c’est un livre d'étude, mais ceux qui le méditent sérieusement, en retireront un grand profit.

L'auteur, professeur de théologie morale depuis de longues années, familiarisé comme tel avec les lois civiles, était qualifié pour composer cet ouvrage. Le lecteur s’en rendra compte mieux que nous ne pourrions le dire.

À qui ce livre rendra-t-il service ?

À tous ceux qui s'occupent du droit, soit pour l’appliquer, soit pour donner des conseils: juges, avocats, notaires, confesseurs…., sans oublier les étudiants en droit. Il est bon que les débutants se pénètrent, de prime abord, de l’existence de règles supérieutes au droit civil. La loi belge a bien fait d'inscrire au programme académique l’étude du droit naturel. Les professeurs catholiques y insistent à l’occasion. Mais ceux qui étudient ou pratiquent le droit, ne pourront jamais trop se pénétrer des normes suprêmes.

C'est une banalité que de dire d’un livre qu’il comble une lacune. Les critiques ont abusé de cette expression. Toutefois il est des œuvres auxquelles cette formule convient parfaitement, et, sans crainte de nous tromper, nous l’appliquons au présent ouvrage.

Les études théologiques sur le droit s’écrivent d'ordinaire en latin. L'auteur a d’abord écrit en flamand et deux éditions ont été rapidement enlevées. Les comptes-rendus les plus flatteurs ne se sont pas fait attendre. Les lecteurs de langue française lui sauront gré d’avoir mis à leur portée cette doctrine sure et copieuse.

E. VLIEBERGH prof. émérite à l’Univ. cath. de Louvain.

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