DROIT MUNICIPAL DU BEAU ET I» LA 3AVA1RE
I. — Le Béarn (1), dont le nom vient de Beneharum% ville qui était l'extrémité d'un chemin prolongé jusqu'à Saragosse, et qui fut cité épiscopale à dater de 506, était gouverné par des vicomtes, au nom des princes ou ducs de Gascogne,
Les ducs d'Aquitaine succédèrent aux ducs de Gascogne, et les Béarnais se firent donner alors, sous le nom de /orj, des privilèges dont le préambule témoigne et de la fierté indomptable et de la barbarie des mœurs à cette époque : «En ce temps-là, les Béarnais ouïrent vanter un chevalier de Bigorre et ils allèrent le quérir, et ils le firent seigneur pendant un an. Mais après, comme il ne voulut pas les tenir en fors et en coutumes, la cour de Béarn s'assembla alors à Pau, et le requit de les tenir en fors et en coutumes, et il ne le voulut faire, et alors ils l'occirent en la cour.
« Après, on leur vanta un prud'homme chevalier en Auvergne; et ils allèrent le quérir et le firent seigneur deux ans; et après, il se montra trop orgueilleux et ne voulut les
(!) Histoire du Béarn, par Puaai m Marga (1660). — Essais historiques sur le Béarn, par M. Fagkt Dl BàORE (1818). — Résumé de Chistoir* du Béarn, par M. A DM (1826). — Histoire du Béarn et du pays basa**, par 11 aiore (1889). — Chronique du Béant, par te vicomte d'Aipiu» (1847) — Compilation d% anciens primtéyts et réaUmenlê du pays ds Béarn fayts et octroyais à C intercession des estais ou Us êermentêde fdelitat à sous suhjets,et par réciproque deus iuèjets à Uurs ssignamrs (1676).
tenir en fors ni en coutumes ; et la cour alors le fit occire au bout du pont de Sarakh par un écuyer, lequel le férit d'un tel coup de l'épée qu'il lui sortit par le dos, et ce seigneur avait nom Sentonge. »
Le premier vicomte héréditaire de Béarn fut Gaston Centulle, qui vivait au dixième siècle, et le dernier fut CentulleIII,qui futtuél'an 1134, par les Sarrasins, à la bataille de Fraga, où Alphonse, roi d'Aquitaine, fut défait Le Béarn étant entré par un mariage dans la maison de Guillaume de Mfoncade, seigneur catalan, une étroite liaison s'établit entre les Aragonais et les vicomtes de Béarn, et ceux-ci cher» ehèrent à s' affranchir de la domination des ducs d' Aquitaine; mais ils furent tenus de la subir et de faire hommage notamment à Edouard I*r, roi d'Angleterre et duc de Guyenne. Ds renouvelèrent leur tentative d'indépendance à la faveur des troubles des quatorzième et quinzième siècles, et de là résultèrent des guerres qui, après de fréquentes vicissitudes, firent du Béarn un État souverain, indépendant de la couronne de France jusqu'au règne de Louis XIII, qui la soumit en 1620, et le réunit à la couronne de France, avec la partie de la Navarre possédée par ses prédécesseurs, les princes de la maison d'Albret, depuis qu'ils avaient perdu ce royaume.
Après la destruction de la ville de Beneharum^ Morlaas devint la capitale du pays et la demeure des vicomtes. Lescar fut bâtie par Guillaume Sanche, duc de Gascogne, l'an 980, dans un lieu couvert d'un bois fort épais, et où il n'y avait qu'une chapelle. Guillaume Sanche fit de ce lieu une cité épiscopale. Cette ville est plus ancienne que Pau, qui ne date que du treizième siècle. Raymond, seigneur deMoncade, qui faisait sa résidence à Morlaas, et qui était obligé de faire de fréquentes excursionscontre les Sarrasins d'Espagne, acheta des habitants de la vallée d'Ossau (Ursi satius), un terrain