‹ Droit municipal dans l'antiquitéChapitre 32 sur 91 · FAIT ACCOMPLI · texte numérisé non relu

FAIT ACCOMPLI

Mais des réformes législatives appropriées aux temps, peuvent guérir des plaies sociales invétérées; et s’il est vrai que les

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derniers des Romains aient échoué dans leurs tentatives pour régénérer des mœurs gangrénées, et qu’en présence d’une corruption inouïe dans les annales du monde, le despotisme des Césars soit devenu un mal nécessaire, dans d’autres États, et à Home même, dans des circonstances moins désespérées, les efforts des réformateurs ont obtenu des succès que nous permettent d’ambitionner nos souvenirs historiques et l’état actuel de nos mœurs.

XLV. — Nous avons atteint par plusieurs siècles d’efforts non interrompus, l’apogée de l’unité politique. La France est la nation la plus compacte de l’Europe par l’unité du territoire, de la langue, des lois, des mœurs, et c’est là le double secret de sa supériorité militaire et de sa puissance d’initiation; mais ce peuple soldat ne doit pas, ne peut pas abdiquer ses libertés civiles au point d’être gouverné comme un régiment.

Les citoyens, dit excellemment le poète Florentin (1) ne sont pas faits pour les consuls ni la nation pour le roi, mais au contraire les consuls sont faits pour les citoyens et le roi pour la nation ; et de là il suit que quoique le consul et le roi soient, par rapport à la voie, les seigneurs des autres, néanmoins par rapport au terme, ils sont leurs ministres, et c’est surtout le monarque qui doit être le ministre de tous. Respectons, aimons dans le monarque l’autorité suprême appuyée sur les lois fondamentales, et s’appliquant elle-même à aimer ce qui convient à tous (2) ; mais gardons-nous, sous peine de compromettre notre dignité et même notre existence nationale, de voir dans le chef de l’État le prince de Machiavel ou le Léviathan de Hobbes.

Jouissons de la grandeur, de l’éclat de notre capitale, mais

(1) Non enim cives propter consules nec gens propter regem, sed e converso consules propter gentes... hinc etiam patet quod, quamvis consul sive rex respectu viæ sint domini aliorum, respectu autem termini aliorum ministri sunt, et maxime monarcha qui minister omnium procul dnbio habendus est. (Dante Alli- GHIERI, de Monarchia, lib. I, c. xiv.)

(2) Disciplina imperandi est amare quod omnibus expedit. {Lettre de Dante, Epist, 9, § 9.)

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