DES COLONIES GRECQUES DE L* ITALIE ET DES GAULES
g 1er. — Les Crétois furent les premiers Grecs qui, sous le règne de Minos, abordèrent en Italie, y fondèrent plusieurs villes et y furent connus sous le nom d'iapyges ou 'de Messapiens. Des Chalcidiens, auxquels se joignirent des Doriens et des Ioniens, vinrent ensuite fonder en Sicile les villes de Naxos, Catane, Léontium, Mégare, Thapse, Hybla, Àgrigente, etc. Archias, à la tête d'une colonie de Corinthiens, jeta, en l'an 751 avant Jésus-Christ, les fondements de Syracuse. Enfin les Chalcidiens, ayant passé le détroit, bâtirent Rhégium, Sybaris, Crotone, et autres villes grecques de l'Italie.
Le régime commun de toutes ces colonies fut le régime municipal, qui vint se poser dans la Grande-Grèce en face de peuples soumis au régime du patriciat ou de la tribu.
Chacune de ces républiques municipales eut, selon l'origine de ses lois traditionnelles et le caractère de ses législateurs, sa constitution spéciale. Dans toutes, la forme du gouvernement était mêlée d'aristocratie, par un sénat qui se recrutait dans la noblesse, et de démocratie par la participation du peuple aux affaires publiques dans les assemblées nationales.
Zaleucus, se disant inspiré par Minerve, étudia, en l'an 661 avant Jésus-Christ, les lois traditionnelles de la Crète, de Sparte, et la jurisprudence de l'ancien aréo-
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page d' Athènes, et constitua chez les Locriens une république dont le premier magistrat, nommé cosmopote, ainsi que la grande prêtresse des sacrifices ou la pialèphore, étaient toujours choisis dans les cent familles de la noblesse. Cette constitution, remarquable par l'immutabilité des lois, par la censure rigide des mœurs, par l'inaliénabilité des biens, par la proscription du luxe et des dettes usuraires, enfin par l'obligation imposée aux cultivateurs de résider dans leur domicile et de vendre les denrées sur les lieux, n'avait que le nom de démocratie, et dégénéra peu à peu en gouvernement oligarchique.
La colonie chalcidienne de Rhêgium qui reçut ses lois de Charondas de Catane, l'un des plus anciens législateurs de l'Italie, était d'abord gouvernée aristocratiquement par un sénat de mille personnes, choisies parmi les riches et parmi des magistrats appartenant aux familles messéniennes qui étaient venues se joindre aux premiers fondateurs de la colonie ; mais elle tomba sous la domination de divers tyrans. Prise et saccagée par Denys de Syracuse, elle fut conquise par les Romains, qui la rebâtirent et la soumirent au gouvernement d'un prytane ou sénat, dont les membres, appelés symprytanes, avaient à leur tête un archonte éponyme et quinquennal. Rhégium fut érigé, après la loi Julia, en municipe romain.
Le gouvernement de Thurium et de la molle Sybaris était au contraire démocratique dans l'origine, et les magistrats appelés symboles, ou conseillers, qui étaient à la tête de ce gouvernement, étaient tirés annuellement des dix tribus qui formaient le corps de la république. Mais le commandement des armées qui était électif et quinquennal étant devenu perpétuel, une oligarchie militaire succéda à la constitution populaire des premiers temps.
La constitution de Tarente, modelée sur celles de la Crète et de Sparte, avait partagé le pouvoir entre deux classes de magistrats, choisis les uns parle sort, les autres par les suffrages, et qui se dévouaient au bien du peuple. Mais, après la guerre des Perses contre la Grèce, cette constitution fut changée, et le gouvernement, sorti des délibérations populaires, appartint à un éphore éponyme que secondaient d'autres magistrats annuels comme lui, appelés potyanomes, et dont le nombre n'est pas connu.
Héraclée dépendait de Tarente et avait le même gouvernement.
Cumes, que Strabon considère comme la plus ancienne fondation des Ghalcidiens, était heureuse sous son gouvernement aristocratique. Aristodème flatta les jalousies populaires, et parvint par cet artifice à s'emparer du pouvoir. Après sa catastrophe, Cumes recouvra la liberté et le bonheur.
Crotone, fondée par les Achéens, et célèbre par les réformes sociales de Pythagore, et par les agitations que lui suscitèrent Denys l'Ancien et les Brutiens, fut livrée au pillage par Agathocle, tyran de Syracuse, et à la faveur de ses guerres civiles, fut envahie par les Romains.
Les villes de la Sicile, cette riche province où ont dominé tour à tour les Sicaniens, lesSicules, les Phéniciens, les Grecs, les Mamertins, les Romains, avaient originairement adopté la forme républicaine, mais la plupart tombèrent sous le joug de cruels tyrans. Syracuse, gouvernée tour à tour par Gélon, Hiéron, Thrasybule, et qui, après l'expulsion de ce dernier, devint pendant quelques années une démocratie turbulente, tomba, en l'an 348 de Rome, sous la domination de Denys l'Ancien et de son fils Denys le Jeune. Délivrée de ce dernier tyran, une première fois par Dion, ensuite par Timoléon, elle fut gouvernée par
une constitution tantôt républicaine, tantôt monarchique, jusqu'au moment où les Romains s'en étant rendus maîtres, ainsi que du reste de la Sicile, en firent une province de leur vaste empire.
Des colonies de nations diverses venues de l'Afrique, de la Ligurie, de l'Asie Mineure, de la Tyrrhénie, peuplèrent aussi les îles de la Corse et de la Sardaigne, avant que les Romains en eussent fait la conquête, en l'an 522 de Rome; et quoique les monuments historiques de cette époque soient peu nombreux, on trouve éparses dans les écrits d'Hérodote et de Diodore de Sicile quelques notions sur les lois et les coutumes diverses de ce mélange de colonies maritimes régies par les lois de la mère patrie, et de peuples méditerranéens adonnés à la vie pastorale et au régime des tribus (1).
Les colonies grecques et tyriennes pénétrèrent en Italie et y propagèrent le gouvernement municipal et fédératif. Les Sabins, dont les villes étaient régies par une constitution aristocratique, s'assemblaient près d'un temple de la déesse Féronie, pour traiter de la paix et de la guerre, pour régler les affaires civiles et commerciales, et pour juger les citoyens accusés de haute trahison.
La confédération des Latins^ qui se réunissait sur le mont Albain, se composait de vingt-quatre villes, sur lesquelles Albe avait la prééminence, et dont chacune était gouvernée par un sénat aristocratique. Après la destruction d'Albe, la dièrte des Latins se tint à Ferentinum.
Les Osques avaient, dans chacune de leurs villes, un sénat, une assemblée du peuple et un premier magistrat appelé medix. Les députés de ces villes se réunissaient à
(1) Statuti civili e criminali di Corsica da Carlo Gregori, Leone, 1843, introduzione, p. n et m.
Éréta, et y arrêtaient les plans de campagne, de concert avec le général de la ligue.
Les Sainnites comptaient aussi un grand nombre de villes unies en corps fédératif.
Les Etrusques qui avaient, selon l'opinion commune, une origine pélasgienne , formaient une fédération composée de douze villes, dont chacune était la capitale d'un canton appelé Lucumonie. Chaque canton était divisé en tribus, ayant chacune son chef particulier. Le chef d'un canton s'appelait lucumon, et l'un de ces douze chefs était généralissime de la confédération. Chaque ville s'administrait elle-même par un sénat et une classe de nobles ou lars, parmi lesquels on choisissait les lucumons. Ces magistrats {principes) dirigeaient pendant la paix l'administration civile. Leurs fonctions n'étaient pas héréditaires, et on ignore si elles étaient viagères ou temporaires. C'est dans la diète nationale qui se tenait à Voltumna qu'on traitait de la guerre ou de la paix. Cette diète veillait en outre à la sûreté de chaque ville et aux intérêts généraux de la confédération; il fallait, dans ces grandes assemblées, l'unanimité des suffrages (1).
Le droit municipal de Cœre, l'une des principales villes de la confédération étrusque, importa dans le droit municipal des Romains le système d'autonomie et d'isopolitie des villes grecques (2) ; et c'est de l'Étrurie que pénétrèrent chez les Romains les pratiques de la Grande- Grèce sur le bornage et la consécration de la propriété territoriale par les prêtres dits agrimensores, et ces compascuités communales qui, pratiquées par les Romains,
(1) Voy. Les Etrusques, par Ottfried Muller, aux pièces justificatives ; Le droit de propriété citez les Romains, par M. Giraud ; les Études sur Le droit français, par M. Chambellan, p. 71.
(2) Festus, V° Municeps ; Sigonils, De Jure italico, II, 6.
ont traversé le moyen âge et ont été observées jusqu'à nos jours, soit en Italie, soit dans les autres parties de l'Europe qui ont le mieux gardé les traditions de la domination romaine (1) .
§ 2. — Le municipe grec traversa la mer Ionienne, et des colonies venues de Tyr, de Sidon et de l'Archipel, entrèrent dans la Gaule par les embouchures du Rhône, ouvrirent à travers son territoire la grande route d'Espagne, et vivifièrent par un rayon de la civilisation phénicienne et hellénique (2) ces contrées encore sauvages. M. Amédée Thierry, dans ses travaux sur les origines gauloises méridionales , et après lui M. Michelet, nous montrent ces hardis navigateurs fouillant les flancs des montagnes pour y chercher les métaux, vitrifiant le sable des rivières, incendiant les rochers et fondant partout, sous la protection d'Hercule, le dieu civilisateur, des colonies et des cités.
C'est ainsi que des habitants de Phocée, ville de l'Asie Mineure, voisine de Smyrne, dignes descendants de ces anciennes colonies de l'Attique qui, les premières parmi les Grecs, avaient osé risquer sur mer des voyages de long cours et chercher la route du golfe Adriatique et de la mer de Tyrrhénie, s' étant expatriés pour se soustraire au joug des Perses, vinrent s'établir, vers la 59me olympiade (543 environ avant J.-G.), sur les côtes de la Gelto- Ligurie (3) , laissant aux conquérants leurs murs vides et les cadavres de leurs ancêtres, et apportant dans leur nouvelle patrie leur industrie et leur amour de la liberté.
(1 ) Giraud, Droit de propriété chez les Romains, ch. m, Du bornage.
(2) InterGoezii rei agr. Scrip., p. 55, 66 et alibi passim, Beaudouin, Jurisp. Rom; Heinec, Antiq. rom; t. I, p. kk.
(3) Justin, Histor., III, c. îx et lui; Strabon, liv. IV; Tacite, Vie d'Agricola ; Valère Maxime, liv. II.
La république raassaliote fut ainsi formée de quelques habitations auprès de Massalie (Marseille) . ville maritime que les Phocéens enlevèrent à la domination des Saliens (1) . Cette république fonda successivement Nice, Antibes, Hyères, Toulon, Àgde, Marseillan, Massillargues, Narbonne, etc., et apprit aux peuples qu'elle avait vaincus et subjugués à entourer leurs villes de murailles, à tailler la vigne, à planter l'olivier (2), tellement, dit un historien, qu'il semblait que la Gaule eût été transportée dans la Grèce plutôt que la Grèce dans la Gaule.
Fille de Phocée, émule d'Athènes, sœur de Rome, Massalie devint une république servie par une aristocratie intelligente et dévouée.
Les citoyens étaient divisés en tribus, et six cents d'entre eux, choisis dans les familles qui jouissaient du droit de cité depuis trois générations, étaient préposés sous le nom de T'.fjtouxo* au gouvernement de la ville. Ce grand conseil était viager; un petit conseil vaquait aux affaires de moindre importance (3). Trois présidents étaient investis d'une autorité analogue à celle des consuls romains ; personne ne pouvait être t^ouxoç s'il n'avait des enfants et si sa famille n'était pas, en remontant jusqu'cà son Yïeul, originaire de la cité.
Plusieurs écrivains anciens et modernes ont admiré l'ordonnance de cette république où les magistrats prévaricateurs étaient déclarés incapables d'exercer aucune charge (4), dont les mœurs étaient pures (5), d'où le luxe était banni (6), dont l'Académie rappelait celle d'A-
(1) Bouche, Essai sur la Provence, t. 1, p. 88.
(2) Ruffi, Histoire de Marseille ; Ghabrit, Histoire de la domination romaine dans la Gaule.
(3) Raynouard, Histoire du droit municipal, t. II, p. 191.
(U) Bodin, liv. II, ch. iv. — (5) Bodin, ibiu. — (6) Strabon, 1. v.
thènes (1), et qui était renommée par Y inviolabilité de sa foi (2).
L'influence des institutions municipales de Massalie n'est pas bien précisée par l'histoire, mais tout porte à penser qu'elle s'étendit de proche en proche dans les colonies déjà fondées et dans celles qui s'établirent sur la grande route de l'Espagne. Les Gaulois, dit Justin, apprirent des Marseillais à adopter un genre de vie plus civilisé, à adoucir la barbarie de leurs mœurs, à cultiver leurs champs, à ceindre leurs villes de murailles. C'est alors qu'ils s'accoutumèrent à vivre par les lois et non par les armes, et à cultiver la vigne et l'olivier (3). Les progrès de cette civilisation, secondés par l'influence d'institutions libres et morales, triomphèrent peu à peu des obstacles que leur opposaient à la fois l'inquiétude et la jalousie des Celtes, l'ambition dévorante des Romains et la rivalité commerçante de Carthage, soutenue par une grande puissance. Préservée par ces difficultés mêmes des fortunes soudaines qui sont l'écueil ordinaire des nations (à) , Marseille trouva dans une alliance contractée avec les Romains, vers l'an 3/iO de la fondation de Rome, le moyen d'affaiblir insensiblement le commerce de Carthage, rival du sien, et de former des liaisons solides dans la Celtique, dont les peuplades fugitives sur des terres incultes ou dans des forêts immenses se fixèrent dans des cités industrieuses et florissantes. On a cru reconnaître dans les statuts de la Provence ré-
(1) Athœnopolis Massiliorum, Sabellus, Strabon, liv. m.
(2) Lucain, liv. v.
(a) Ab his (Massiliensibus) Galli et usum vitse cultioris deposita et mansuefacta barbaria et agrorum cultus, et urbes mœnibus cingere dedicerunt. Tune et legibus non armis vivere, tune et vitem putare, tuncolivam serere consueverunt. (Justin, liv. XLIII,
c. îv. — (tj motjtésqbÏ eu, Espy it dr< Lois* liv. Yllï, ch. iv.
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digés en langue vulgaire, et dans les chartes latines plus anciennes, ainsi que dans les chartes de la Catalogne quelques expressions qui rappellent la domination des Grecs. J'ai surtout remarqué, dit un écrivain provençal (1), la souscription ancienne d'une charte de l'an 1016, qui m'a paru fort concluante. Sur le rivage voisin de la colonie massaliote d'Empurias, la culture grecque s'est maintenue plus longtemps peut-être qu'auprès des embouchures du Rhône. Nous trouvons dans les diplômes de la Marche hispanique, dès l'an 855, l'indication du jus aprisionis, droit d'occupation en vertu d'un fait de défrichement dont l'étymologie est grecque. J'en dirai autant de Y allasonatio aquarum dont il est question dans les statuts d'Apt, et qui révèle un ancien règlement de police grecque. Les vestiges de ce genre sont très-nombreux dans les monuments du moyen âge provençal. Les traces en sont isolées sans doute, et dépourvues de liaison; elles n' attestent la permanence d'aucune institution grecque, d'aucun système législatif; elles ne peuvent compter au nombre des éléments du droit national, mais elles perpétuent le souvenir d'un brillant rayon de la civilisation hellénique apparu jadis sur l'horizon de la Gaule.
L'influence de la république phocéenne de Marseille s'étendit sur tout le littoral de la Méditerranée et la métropole des Arècomiques. Nîmes, dont l'origine remonte, selon Etienne de Bysance et Parthénius de Phocée, écrivains des premiers temps de l'empire, à une colonie phénicienne (2) , devint aussi le centre d'une république basée
(1) M- Giraud, Hist. du droit français au moyen âge, t. I, p. lû-
(2) Quelques débris informes du culte phénicien trouvés dans le midi de la Gaule et mêlés au culte druidique confirment cette tradition. On attribue aux Phéniciens Némausus et Alesia. (Hisl. morale de la Gaule, par Aug. \Urtin, VII.)
sur l'organisation modèle des cités grecques. Tout porte à croire que l'administration publique s'y rapprochait par sa forme de celle de Marseille. Les monnaies de la ville de Nîmes, antérieures à la colonisation romaine, portent la légende grecque : Na^aétfaç. Le monument que la tradition désigne sous le nom de temple de Diane, rappelle Diane d'Éplièse, sous les auspices de laquelle l'émigration phocéenne s'était confiée à la mer. La magnifique cella de style corynthien qui décore l'ancienne àyopa, ou place publique, a un caractère plus grec que Romain. Jusqu'au dix-huitième siècle, on a attribué à la période grecque la plupart des monuments de Nîmes, et l'histoire atteste que, sous les premiers empereurs, on parlait grec sur le théâtre de Nîmes, et qu'à l'origine du christianisme, on chantait grec dans les églises (1) .
L'antique cité des Ségusiens, Lyon, paraît aussi (2) avoir été fondée par des Rhodiens qui, étant venus s'asseoir près des Phocéens de Massalie, furent chassés par eux de leur établissement, et obligés d'aller chercher fortune ailleurs. Mummius et Àtepomanus son frère, chefs de ces bannis rhodiens, leur persuadèrent de s'arrêter aux pieds de la haute colline qui porte le nom de Fourvières. Un vol de corbeaux leur ayant paru de bon augure pour la prospérité de leur fondation, ils firent du sommet de la montagne aux corbeaux (lug dunum) le siège de leur petit Empire. Mummius et Atepomanus gouvernèrent d'abord paisiblement la ville qu'ils avaient conquise sur les Ségusiens, mais l'ambition les armal'un contre l'autre, et Annibal, qui, sorti d'Espagne à cette époque pour aller attaquer les Romains, vint, selon Polybe, se reposer quelque temps sur
(1) Origines municipales de Nîmes, par Phe Eyssette. ("J) Histoire de Lyon, par le P. Ménétrier.
les bords du Rhône, trouva les deux chefs des peuples grecs, nouveaux hôtes de Lyon, en état d'hostilité ouverte, et prit parti pour le frère aîné.
Quoi qu'il en soit, la colonie lugdunoise, vivement éprise, comme la colonie massaliote, de la liberté qui convient à une nation commerçante, se gouverna d'après ses usages qui lui tenaient lieu de lois écrites, et fut florissante à l'abri de son industrie et de son commerce jusqu'au moment où Jules César, venu dans les Gaules pour secourir les Eduens inquiétés par les Helvétiens et les Germains, substitua au régime hellénique de Lyon et des villages qui l'entouraient, le régime provincial des Romains.
De ces observations, qu'on a trop généralisées (1) en groupant autour de Marseille toutes les villes du midi de la France, on est en droit de conclure que les premières origines du régime municipal de la Gaule méridionale ont été des origines grecques. Mais l'influence de la cité grecque sur l'organisation municipale du midi des Gaules, quoique très-réelle, n'a été que secondaire, et c'est surtout dans les lois de Rome qu'il faut chercher les origines de notre régi aie municipal.
(1) Histoire du midi de La France, par M. Mary-Lafon, t. I, p. 679.