III. — Bodin (3), Loyseau (Zi), Papon (5), Bœhmer
(1) Si quid palphurio, si credimus armillato quidquid conspicuum pulchrumque ex sequore toto. — res fisc, est, ubicuraque natat. — (2) C. c. 23 et 2Zt juin 1857. — (3) De la République, liv. 2, ch. 2. — (6) Traité des seigneuries. — (5) Second notaire, t. II. p. 398. — (6) Introductio in jus publicum.
Bossuet (1), Lebret (2), l'auteur des maximes du droit public (3), Montesquieu (4), et, parmi les publicistes étrangers, Heineccius (5), Grotius (6), Puffendorf (7), Wolf (8) , condamnent unanimement la doctrine que le sophiste de Genève et l'auteur d'un livre intitulé : V Ordre naturel des sociétés politiques, ont exhumée dans le dernier siècle, et que M. Proudhon et tous les adeptes du socialisme ont empruntée de nos jours pour le plus grand profit des despotes qui voudraient s'en emparer. Espérons que cette doctrine sauvage ne se reproduira plus après le triple échec qu'elle a subie, d'abord en 1790, à l'assemblée constituante, où, soutenue par les communistes de l'école de Cambon et de Robespierre, elle fut éloquemment combattue par l'abbé Maury ; puis, après la révolution de 1848, dans les assemblées nationales, où elle souleva une réprobation presque universelle ; puis, dans une dernière tentative auprès des tribunaux, où elle a définitivement succombé sous les arrêts ôfi la cour suprême.
IV. — Reconnaissons en même temps qu'à Rome même, aux plus mauvais jours de l'empire, le domaine éminent des empereurs sur les choses dites : res publici juris, c'està-dire sur les choses publiques, communes et universitatis, n'impliquait pas un droit de propriété, de domaine utile. Un jurisconsulte français, Papon, faisant allusion à la servilité des deux jurisconsultes romains que Juvénal flétrit, ajoute : Cela même de leur temps était faux. Mais sous un gouvernement despotique, les principes favorables à l'extension du pouvoir ne rétrogradent jamais ; et quoique
(1) Polit sacrée, liv. VIII, art. 2. — (2) Traité de la souveraineté du roi, liv. IV, ch. 2. - (3) T. I, p. 41. — (4) Esprit des lois, liv. I, ch. 10. — (5) Elementa juris naturalis et gentium, liv. 2, § 131 et 133. ~ (6) Liv. I, ch. 1, § 6. - (7) Droit de la nature et des gens, liv. VÏU, c. 3. — (8) Jus naturœ cap., 11.
le droit public des Romains ait toujours répudié le principe que tous les biens des Romains appartenaient à César, on ne peut nier cependant que, grâce à la science complaisante de certains jurisconsultes et à la lâcheté des décurions de l'empire (1), l'abus du domaine éminent ne soit devenu, comme nous le verrons plus bas, le plus redoutable instrument de fiscalité et de tyrannie.
(1) Guizot, Essais sur Chistoire de France, p. 18. — Giraud. Histoire du droit français au moyen âge, t. I, p. 1Û3.