‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 144 sur 227 · Cf. leçon première, pp · texte numérisé non relu

Cf. leçon première, pp

C'est ce système que nous allons examiner, et cette théorie que nous croyons devoir combattre.

L'oeil fixé sur les principes et sans descendre dans le détail des faits, nous disons que le séparatisme, quelles que soient du reste les visées de ses défenseurs, est une doctrine fausse, spécieuse, pleine de périls, absolument condamnable et formellement condamnée, et que les raisons, invoquées pour la soutenir, ne sauraient résister à un examen sérieux.

C'est une doctrine fausse.

Cette proposition, conséquence immédiate des principes déjà établis, devrait, ce semble, rallier tous les suffrages, sinon des rationalistes étrangers à la foi chrétienne, au moins des croyants qui se targuent de catholicisme, et qui n'ont pas perdu la notion exacte de l'Eglise et de son rôle dans le monde.

En effet, que prétendent les libéraux et qu'allèguent-ils à l'appui de leurs prétentions? — que l'Etat n'est pas juge en matière religieuse, et que, ftit-il juge compétent, il lui siérait mal de s'inféoder à une Eglise quelconque, alors que toutes les opinions, toutes les religions, et tous les cultes ont un égal droit à sa tolérance et à sa protection.

Ainsi parlent nos adversaires, sans se douter de l'erreur profonde sur laquelle ils basent leur système.

L'Etat, disent-ils, n'est pas juge en matière religieuse. — Sans doute nous ne demandons pas au pouvoir séculier de sortir de sa sphère, de s'ériger, comme la cour de Byzance, en tribunal théologique, et d'y appeler pêle-mêle, à côté de Jésus-Christ, Bouddha, Mahomet, Photius, Luther et Calvin, Voltaire, Rousseau et Kant. Un autre tribunal, plus compétent que le sien a statué et prononcé depuis longtemps sur ces questions d'un intérêt si vital pour les âmes et les sociétés. Dieu lui-même, par la bouche de son Fils, nous a révélé la seule religion qui puisse sauver le monde ; il l'a entourée de signe certains, de preuves infaillibles, de témoignages irréfragables ; il l'a confiée à une Eglise dont la pérennité démontre les célestes origines. Tous,

par conséquent, sans distinction d'âge, de condition, de pays^ sont tenus de l'embrasser: ils le peuvent, et ils le doivent.

Ce que donc nous demandons à l'Etat, et ce qu'il est permis d'exiger de lui, c'est de ne pas fermer les yeux à la lumière qui éclaire tout esprit droit et toute âme sincère ; c'est d'agréer comme sienne la religion du Christ; c'est de ne pas faire à cette religion l'injure de la placer sur le même pied que les cultes les plus absurdes, mais de lui assigner dans les lois, dans les institutions, dans les conseils politiques, le rang que sa dignité réclame; c'est, en un mot, de faire régner Dieu sur la société.

L'Etat ne saurait se dérober à ce devoir, sans outrager le Maître suprême des hommes et des peuples, sans jeter le mépris à la face de son Eglise, sans nier la fin surnaturelle à laquelle tout ici-bas doit être subordonné et vers laquelle tout doit tendre, ^ et sans transgresser lapins grave et la plus impérieuse de ses obligations.

Mais, reprennent les libéraux en chœur, 'toutes les opinions, toutes les croyances religieuses n'ont-elles pas, par le fait de la liberté humaine née elle-même de la bonté de Dieu, un égal droit à la protection ou à la tolérance de l'Etat?

C'est le nœud du système cent fois délié par la main des théologiens catholiques et cent fois renoué par le zèle obstiné de nos adversaires.

Nous l'avons dit, il n'y a qu'une seule religion vraie : tina fides^ unum baptisma ^ Toute religion qui s'en écarte est fausse, et toute opinion qui la contredit est une erreur. Or^ l'erreur n'a pas de droits. Elle est la négation du vrai comme le. mal est la négation du bien ; elle ne devrait pas être. Elle sème la division, le désordre, l'anarchie dans les facultés intellectuelles; sa présence est une menace pour la paix de l'âme, pour l'unité de la vie morale et l'intégrité de la pensée.

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