‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 149 sur 227 · Matth., endr. cité · texte numérisé non relu

Matth., endr. cité

3. Notions de droit public naturel et eccl., trad, Duballet, pp. 297-98.

la religion catholique ; et cela sans avoir à souffrir dans leurs droits civils et politiques. Le prince, ne se convertissant pas, parce qu'il n'est point convaincu de la divinité du christianisme, doit cependant admettre que cette religion se présente sous un aspect vraiment digne d'éloges, et qu'elle peut paraître divine à tous ou à une partie de ses sujets ".

Ce n'est pas tout.

" Posé le droit de l'Eglise à son existence auprès des Etats infidèles, supposé le fait que parmi eux elle ait des membres, nous devons conclure qu'elle a droit à tout ce qui est indispensable à son existence et ne blesse point la compétence d'autrui. Elle pourra donc ouvrir des temples et des écoles, acquérir des biens. N'être pas injuriée dans ses membres et être respectée dans ses possessions, sont pour elle des droits inprescriptibles ' ".

Il n'est pas dans toute l'histoire des peuples de projet plus hardi ni de spectacle plus émouvant que celui de l'Eglise chrétienne, représentée par quelques illettrés sans nom et sans fortune, et entreprenant sous les auspices d'un crucifié la conversion du monde païen.

La nouvelle religion était apparue sur les collines de Judée. Mais, puisque Rome, par ses armées, ses consuls, ses pontifes, faisait la loi à presque toutes les nations, n'était-il pas d'une haute politique que, là où régnaient les faux dieux, là aussi le Dieu véritable fixât le siège de son royaume visible et constituât le centre de son action religieuse? Pierre y établit donc la papauté naissante, et c'est de ce foyer que le christianisme allait bientôt rayonner sur tout l'univers.

Les chrétiens de Rome, confondus primitivement avec les Juifs, purent jouir pendant quelques années de la tolérance légale dont les Romains couvraient alors toutes les religions. Bientôt cependant, les Juifs eux-mêmes aidant, cette confusion cessa : ce fut à l'occasion de l'incendie de la ville, dont Néron, pour détourner les soupçons qui planaient sur lui, voulut

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