‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 162 sur 227 · TREIZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TREIZIÈME LEÇON

L'EGLISE ET l'hERESIE

Messieurs,

Dans toute l'histoire des législations humaines nous ne connaissons rien de plus beau ni de plus grand que ces paroles tombées de la plume des empereurs Gratien, Valentinien et Théodose ^ : "Nous voulons que tous les peuples de notre empire embrassent la religion que l'apôtre saint Piene a prêchée aux Romains, et qui est encore aujourd'hui professée par eux en conformité avec la foi du pape Daraase et de Pierre, évêque d'Alexandrie, personnages d'une sainteté apostolique ; de sorte que Itous, suivant la tradition des apôtres et la doctrine de l'Evangile, nous croyions en une seule divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égaux en puissance dans la sainte Trinité. "

Cette profession de foi, si précise et si solennelle, marque, avec la mort officielle du paganisme, l'élévation de la religion chrétienne au rang de religion d'Etat. Le pouvoir ecclésiastique et la puissance civile se donnaient la main pour sceller, par un pacte d'union et de mutuelle protection, l'unité religieuse et sociale, et pour assurer au monde pendant plusieurs siècles, malgré les passions des hommes et les vices inhérents aux institutions humaines, la justice, la civilisation et la paix.

Cette unité, créée par l'alliance des deux pouvoirs, comportait en faveur de l'Eglise quatre choses principales : la proscription des faux cultes ; la reconnaissance civile des lois canoni-

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