I. L. I Polit., ch. I
bien un corps moral embrassant dans une plus haute et plus puis, santé organisation des organismes inférieurs, moins parfaits, moins complexes, s'alliant et comme s'emboîtant les uns dans les autre en vertu de certaines affinités naturelles, sous la direction d'un principe commun. — Nous verrons bientôt les conséquences pratiques de cette doctrine.
Enfin, — et ceci découle immédiatement de ce que nous venons de dire, — la société civile est une société inégale. Dès lors, en effet, que cette société doit être considérée comme le résultat direct, ou mieux comme le terme d'union de familles et de communes hiérarchiquement constituées, on comprend aisément que les chefs de ces groupements, en entrant dans le corps social, ap. portent avec eux des pouvoirs et des droits qui ne sauraient être le partage de tous. C'est ainsi qu'il se forme une réunion de personnes juridiquement inégales, placées dans des rapports naturels de supériorité et de dépendance.
Nous assistons, il est vrai, depuis quelques années à un phénomène étrange, aux tentatives fréquemment renouvelées d'une sorte de nivellement des conditions humaines. On ne se borne pas à soulever le peuple contre ses maîtres et à lui mettre au cœur des ambitions chimériques. Ou ne se contente pas de favoriser l'émancipation prématurée de l'enfance déjà trop portée d'elle-même, par un instinct funeste, à rejeter toute direction et toute tutelle. Les moteurs de cette poussée égalitaire, faisant fi de toutes les convenances, des traditions les plus fortement ancrées dans l'esprit des peuples, et des lignes de démarcation tracées si délicatement parla nature elle-même, voudraient enlever la femme aux discrètes intimités du sanctuaire domestique pour la hisser et l'exhiber sur tous les théâtres et tous les tréteaux delà vie populaire. C'est un contresens social. "Il serait contre la nature, dit Mgr Cavagnis ^, de vouloir établir une égalité parfaite entre la femme et l'homme dans l'ordre de la vie extérieure