‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 60 sur 227 · Voir de Maistre, etidr. cit · texte numérisé non relu

Voir de Maistre, etidr. cit

Au reste, la primauté du Pape, une primauté effective, paraît tellement conforme aux lois de l'ordre social, elle répond si parfaitement aux besoins et au caractère de la plus vaste et de la plus nécessaire des associations humaines, que la raison n'a pas de peine à en établir l'impérieuse vérité. Ecoutons ce raisonnement concis, mais décisif, du grand écrivain français que nous aimons à citer : " Il ne peut y avoir, dit de Maistre \ de société humaine sans gouvernement, ni de gouvernement sans souveraineté, ni de souveraineté sans infaillibilité ; et ce dernier privilège est si absolument nécessaire qu'on est forcé de supposer l'infaillibilité, même dans les souverainetés temporelles (où elle n'est pas), sous peine de voir l'association se dissoudre. L'Eglise ne demande rien de plus que les autres souverainetés, quoiqu'elle ait au-dessus d'elles une immense supériorité, puisque l'infaillibilité est d'un côté humaine7nent supposée^ et de l'autre divinement promise. Cette suprématie indispensable ne peut être exercée que par un organe unique : la diviser, c'est la détruire."

Est-il étonnant après cela que des protestants distingués comme Grotius et Leibnitz n'aient pu s'empêcher de rendre hommage au dogme que nous défendons, et que l'un d'eux, gémissant sur les discordes constantes et irrémédiables des sectes protestantes, soit allé jusqu'à affirmer que le seul moyen d'accorder entre elles ces Eglises, c'est de les réconcilier avec le centre de l'Eglise romaine? ^

Je me hâte d'arriver à ce qui entre plus directement dans le droit social chrétien, je veux dire, à la nature même de la primauté pontificale, et pour la définir, j'emprunte les paroles autorisées du concile du Vatican :

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