‹ Droit public de l'église (volume 2)Chapitre 61 sur 227 · I. Ibid., ch · texte numérisé non relu

I. Ibid., ch

.2. Audisio, ouv. cit., t. I, p. 53.— L'état lamentable où se débat, depuis soixante ans surtout, l'Eglise d'Angleterre incapable par elle-même de régler les questions de dogme et de rite qui l'agitent, et obligée de mendier auprès des cours civiles des décisions sans autorité, confirme singulièrement la thèse que nous soutenons. (Voir Thureau-Dangin, La renaissance catholique en Angleterre au XlXe siècle, Ile et Ille Part.)

Nous enseignons et nous déclarons, disent les Pères du Concile i, que l'Eglise romaine, en vertu de l'institution du Seigneur, l'emporte par la puissance ordinaire sur toutes les autres, et que cette puissance de juridiction du Pontife romain, laquelle est vraiment épiscopale, est immédiate ; que les pasteurs et les fidèles, soit pris séparément, soit tous ensemble, de quelque rite et de quelque dignité qu'ils soient, lui sont assujettis par le devoir de la subordination hiérarchique et d'une vraie obéissance, non seulement dans les choses qui concernent la foi et les mœurs, mais encore dans celles qui appartiennent à la discipline et au gouvernement de l'Eglise répandue par tout l'univers ; de telle sorte que, gardant avec le Pontife romaiu l'unité de la communion et celle de la profession d'une même foi, l'Eglise du Christ est un seul troupeau sous un seul souverain pasteur. Telle est la doctrine et la vérité catholique, dont nul ne peut s'écarter sans perdre la foi et le salut.

Analysons brièvement cette déclaration solennelle où se trouvent condensés, comme dans une charte sacrée, tous les pouvoirs de la Papauté.

En premier lieu, le Pape jouit non seulement d'une primauté d'honneur, mais encore d'une primauté de juridiction pleine et entière, et cette puissance spirituelle dout Dieu l'a investi est ordinaire et immédiate, en sorte que le Pontife romain peut très justement être appelé "l'évêque de l'Eglise universelle". C'est donc une erreur de prétendre avec les gallicans que le Pape par lui-même n'exerce pas une réelle souveraineté, qu'il n'a dans l'Eglise qu'un pouvoir d'inspection ou de haute et vague direction, et qu'il ne saurait agir à l'intérieur des diocèses sans l'agrément ou l'entremise des évoques.

En second lieu, la puissance papale s'étend sur toute l'Eglise, c'est-à-dire sur tous les pasteurs et tous les fidèles, qu'on les considère séparément ou collectivement. En conséquence sont soumis à la juridiction immédiate du Pontife romain non seulement les évêques, métropolitains et patriarches, à quelque Eglise qu'ils appartiennent et de quelque rite qu'ils soient, mais encore tous les conciles nationaux et généraux, toutes les unions et réunious de prélats et de pasteurs. Pareillement le Pontife romain a une puissance souveraine et immédiate sur tous les

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