Matth. XVIII
laire, lorsqu'il écrit (ch. I) : Paul apôtre^ non par la faveur humaine^ non par la volonté d'' aucun homme^ mais par Jésus-Christ et Dieu le Père.
Nous ajouterons avec le chanoine Audisio ^: "La régénération des âmes est une paternité spirituelle. Per evangelium ego vos genui (i Cor. IV, 15); et la paternité descend, elle ne remonte point ; les pères gouvernent les enfants, les enfants ne régissent point les pères". C'est pourquoi, remarque le même auteur, " on est amené à conclure que, par un acte certain et souverainement sage de son divin Fondateur, l'Eglise est dotée d'un régime politique en vertu duquel l'autorité se communique d'en haut aux premiers pasteurs et de ceux-ci aux pasteurs inférieurs au moyen de la consécration sacerdotale, dans laquelle se trouve le fondement de la juridiction. Par une conséquence opposée, comme la multitude, le peuple et les laïques de tout rang, ne donnent point aux pasteurs la consécration, ils ne leur confèrent pas davantage la juridiction. D'oii il suit encore que, si la forme des régimes civils est laissée par Dieu, dans les limites de la justice, au libre arbitre des nations, et varie avec le cours des siècles et des opinions, par contre, le gouvernement de l'Eglise, en tant que cité de Dieu et royaume de Jésus-Christ, a une forme unique, essentielle, immuable, qui n'émane ni ne dépend de l'instabilité des siècles ou des multitudes. "
Ici se dresse l'objection, en apparence très grave, insinuée dès le début de cette leçon. N'est-il pas vrai, — s'écrient nos adversaires,— que dans les premiers siècles le peuple prenait part aux élections ecclésiastiques, qu'on l'interrogeait, et qu'on le consultait, même au temps des Apôtres? Et, s'il en est ainsi, n'a-t-on pas le droit de conclure que le gouvernement religieux reposait à ses origines sur une base vraiment démocratique?
Quand, peu après le concile du Vatican, la Suisse, marchant sur les traces de l'Allemagne alors dominée par le génie néfaste du "chancelier de fer," déchaîna en son propre sein le vent de