I. Ouv. cit., 1. 1, p
persécution d'où étaient sorties les célèbres /ê'/j «'^ w«/, et donna naissance à la secte dite des " vieux catholiques, " c'est au suffrage universel que ces schismatiques de la dernière heure demandèrent la consécration de leur révolte. — Mais, hâtons-nous de le dire, jamais, à aucune époque de son histoire, l'Eglise du Christ ne reconnut au peuple un droit originel et divinement établi de s'immiscer, par son placet ou par son vote, dans la direction des affaires religieuses.
Il faut, en effet, distinguer daus les institutions de l'Eglise ce qui est de droit divin^ et ce qui n'est que de droit ecclésiastique.
Le droit divin, mais lui seul, peut être invoqué quand il s'agit de déterminer la constitution de l'Eglise et la forme assignée par Dieu à son gouvernement. Or, rien dans les Livres sacrés, rien dans les écrits des Pères et l'usage des premiers siècles n'autorise à prétendre que, par la volonté même de Dieu, le peuple soit investi d'un pouvoir quelconque en ce qui concerne le gouvernement ecclésiastique.
Nous lisons, il est vrai, aux Actes des Apôtres (ch. I) que l'élection d'un nouveau membre du collège apostolique, rendue nécessaire par la trahison de Judas, fut abandonnée par saint Pierre à la multitude des frères réunis autour de lui à Jérusalem. Pareillement, au chapitre VP, il est écrit que les Apôtres demandèrent eux-mêmes aux fidèles d'élire sept diacres,. à qui serait confiée une partie des charges du ministère sacré. Mais, pour bien comprendre la portée de ces deux faits, il importe de remarquer que les apôtres, en jetant les bases de l'Eglise définies par Notre-Seigneur, n'ont pas toujours agi en simples interprètes du Maître et en promulgateurs du droit divin. Parfois, pour ne pas dire souvent, usant des pouvoirs dont il étaient revêtus, ils ont autorisé des procédés et des usages qui n'eurent d'autre sanction que l'acte juridique de leur vouloir propre, et qui, par conséquent, ne relevaient que du droit ecclésiastique. Telles ont été les élections populaires mentionnées plus haut, élections motivées par des raisons spéciales dont les apôtres
seuls étaieut juges, et où l'intervention du peuple, requise par l'autorité compétente, ne saurait infirmer en rien la suprématie et l'indépendance de cette autorité.
Ce qui le démontre mieux encore, c'est la pratique universellement observée dans la suite par les membres du corps apostolique. Maintes fois, en effet, ils eurent à nommer, dans les Eglises nouvelles, des évêques et des prêtres chargés d'en prendre la direction, et partout l'histoire nous les montre exerceant ce droit de nomination par eux-mêmes et de leur plein gré, eu dehors de toute participation populaire.
Nous ne nions pas, du reste, que plus tard, dans diverses élections ecclésiastiques, la coutume ait prévalu d'en appeler au témoignage du peuple et de solliciter son consentement \ A une époque où l'Kglise allait chercher ses ministres, non comme aujourd'hui sur les bancs des séminaires et dans des asiles de foi qui n'existaient pas encore, mais au milieu du monde et dans les rangs indécis de la foule, ce témoignage et ce consentement pouvaient être très utiles. Ils pouvaient servir, soit à diriger le choix qu'on voulait faire des personnes les plus aptes à remplir un ministère religieux, soit à mieux assurer l'influence des nouveaux ministres et l'efficacité de leur action. C'est dans ce sens qu'il faut entendre les textes de quelques Pères, et d'anciennes ordonnances où il est prescrit de faire une part au peuple dans l'élection des clercs. Cette coutume de consulter le peuple sur les qualités morales des jeunes gens appelés au service divin des autels, s'est en quelque façon perpétuée jusqu'à nos jours ; et maintenant encore, bien que l'œuvre de l'éducation cléricale, conduite avec tant de soin sous le regard de l'autorité diocésaine, offre pour l'avenir du clergé les meilleures garanties de science, de probité et de vertu, la liturgie fait aux évêques un devoir de ne pas procéder aux ordinations majeures sans avoir, au préalable, interpellé les assistants.
Toutefois, n'allons pas croire que le suffrage du peuple, quand