Instit. juris pub. eccl., vol. II, pp
influence malsaine, sont appelés à délibérer sous le regard de Dieu et à choisir, pour l'élever à la dignité sublime de chef de l'Eglise, celui que leur conscience et leur clairvoyance désignent à ce poste redoutable.
Concluons avec Cajetan, Bellarmin, et la plupart des théologiens catholiques, qui ni en vertu du droit divin, ni en vertu du droit humain, le Pape ne peut lui-même choisir, de façon juridique et obligatoire, celui qui lui succédera dans la chair apostolique, et que toute nomination de ce genre, si la tentative en était faite, devrait être regardée comme radicalement nulle.
Jusqu'ici, Messieurs, en étudiant la hiérarchie catholique, nous n'avons considéré que la puissance papale, laquelle, des sommets où elle siège, commande à l'Eglise entière et maintient tout le corps religieux dans l'unité et l'harmonie. Mais cette puissance, si haute et si ample qu'elle soit, n'est cependant pas exclusive. Le même Dieu, qui a fait le Pape, a aussi fait les évêques, et ces derniers, sous la dépendance du Pasteur des pasteurs, possèdent une autorité juridictionnelle supérieure à toutes les contestations humaines, une autorité que Notre-Seigneur lui-même a constituée, et que l'Eglise, le voudrait-t-elle, ne saurait supprimer. Le concile du Vatican, après avoir établi l'absolue et indéfectible primauté du Pontife romain, prend bien soin d'ajouter 1 :
N'allons pas croire que l'autorité du Pontife souverain nuise à cette autre puissance ordinaire et immédiate, par laquelle les évêques, établisipar le Saint- Esprit pour succéder aux apôtres, paissent et régissent, comme vrais pasteurs, chacun le troupeau qui lui est assigné. Au contraire, la puissance des évêques est proclamée, soutenue et garantie par le suprême Pasteur lui-même, selon ces paroles de saint Grégoire le Grand : " Mon honneur, c'est l'honneur de l'Eglise universelle ; mon honneur, c'est . la force réelle de mes frères ; je suis vraiment honoré, lorsque l'honneur dû à chacun ne lui est pas refusé. "
Il appert de là que le pouvoir épiscopal est .un pouvoir nécessaire et voulu de Dieu ; qu'il entre dans la constitution de l'Eglise comme un élément vital et un organisme essentiel ; que