‹ Droit public de l'église (volume 3)Chapitre 68 sur 199 · Voir le Syllabus, le Concile du Vatican, etc · texte numérisé non relu

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conséquences et pleines d'actualité, sur lesquelles nous aurons, je l'espère, l'occasion de revenir plus tard et le loisir de disserter plus longuement K

Quelque fécond et quelque important qu'il soit pour éclairer l'esprit chrétien, le magistère de l'Eglise ne suffit cependant pas. Les lumières qui en émanent, contribuent certes dans une large mesure à orienter vers leur fin dernière les membres de la société religieuse. L'enseignement ecclésiastique est un phare nécessaire; mais ces leçons resteraient trop souvent stériles, si des lois spéciales, et appropriées aux besoins et aux circonstances diverses de temps, de personnes, de lieu, ne venaient en préciser le sens et en fortifier l'influence. C'est ce qui démontre, pour l'Eglise, la nécessité d'un pouvoir législatif.

Et que faut-il entendre par pouvoir législatif? — évidemment la faculté réelle de faire des lois, d'imposer des règles aux actes humains, des directions obligatoires à l'action sociale.

Ce pouvoir ecclésiastique n'est pas reconnu de tous ; plusieurs le révoquent en doute et osent même le nier. Ecoutons Cadorua, l'un des chefs du libéralisme juridique, d'accord en cela avec les régal istes les plus avancés: "Dans les questions morales, dit-il, l'Eglise ne fait et ne peut faire que l'une de ces deux choses; s'il s'agit de doctrine morale, elle définit dogmatiquement la loi afin d'en maintenir intacte la pureté et l'unité et sur ce point elle est infaillible; s'il s'agit de l'application et de l'exécution de cette loi par le moyen des actes humains, elle instruit, elle enseigne, elle éclaire, mais elle ne commande pas et ne peut commander V La conséquence de cette doctrine, c'est que l'Eglise, en dehors du domaine dogmatique, n'a pas le pouvoir de faire des lois ou de donner des directions munies de toutes les sanctions qui en assurent l'efficacité.

D'autres, sans aller aussi loin et sans nier directement le pouvoir législatif de l'Eglise, en subordonnent l'exercice à l'autorité

i. Voir les pp. 33, 45, 47, du Syllabus. 7. Dubaï iet, ouv. cit., t. I, p. 305.

civile, comme si l'Etat jouissait d'une sorte de droit suprême de contrôler toute action extérieure et de réglementer toute manifestation sociale. C'est le sentiment commun des gallicans et, avec eux, de tous les juristes qui ont soutenu et soutiennent encore la légitimité du placet royal, c'est-à-dire de la faculté que s'arroge la puissance séculière d'assujettir à son agrément tous les actes juridictionnels de l'autorité ecclésiastique.

Or, est-il besoin de i'ajoutep? l'une et l'autre de ces prétentions sont en opposition directe avec l'enseignement catholique.

Pie VI a condamné la proposition Ve du synode de Pistoie affirmant que " l'Eglise n'a pas reçu de Dieu le pouvoir d'ordonner par des lois et de contraindre à l'observation de ces lois les rebelles et les coutumaces 1". Plus tard le concile œcuménique du Vatican renouvela en termes solennels les anciennes condamnations portées contre les défenseurs du placet royal.

Nous condamnons, dit-il, et réprouvons les maximes de ceux qui disent que la communication du chef suprême de l'Eglise avec les pasteurs et leurs troupeaux peut être légitimement empêchée, ou qui la soumettent à la puissance séculière, et soutiennent que les règles décrétées par le Siège apostolique luimême, ou en vertu de son autorité, pour le gouvernement des fidèles, n'ont de force et de valeur que par l'approbation de l'Etat 2.

Quand on examine soigneusement et sans parti pris les paroles de Notre-Seigneur à ses apôtres, alors qu'il leur confiait, à eux et à leurs successeurs, le gouvernement ecclésiastique, il est aisé d'y apercevoir les traces de la création et de l'organisation d'un vrai pouvoir législatif.

Lui, en effet, le maître suprême, le roi immortel des hommes, le législateur souverain des sociétés, on dirait qu'il met aux mains de Pierre et de ses collègues son propre sceptre et qu'il dépose sur leur front sa propre couronne ; il veut revivre en eux, il leur

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