‹ Droit public de l'égliseChapitre 110 sur 241 · Lettre au card. Richard · texte numérisé non relu

Lettre au card. Richard

plus utile peut-être que beaucoup de nos agitations, savez-vous en ce moment ce qu'elles font? Si ignorantes qu'elles soient des bruits du monde, elles savent cependant que quelque persécution les menace, et, suivant l'exemple de leur divin Maître, elles prient Dieu tout à la fois d'éloigner d'elles la persécution, mais, si elles doivent la subir, d'étendre sa miséricorde jusque sur leurs persécuteurs ^. »

Pour justifier ces hostilités, on agite d'une main fiévreuse, sous les }^eux avides du patronat bourgeois et du prolétariat affamé, le spectre de la mainmorte. Les communautés religieuses, par le renouvellement partiel et successif de leurs membres, jouissent d'une sorte de perpétuité. Les individus meurent; mais les corps qui les renferment, et au sein desquels ces unités se succèdent, demeurent. Leurs biens, régis par une législation sévère, et immobilisés entre les mains de personnes morales toujours les mêmes, ne connaissent ni la libre circulation du commerce, ni le jeu éventuel des transmissions héréditaires. Ce sont, disent et répètent les voix ennemies, des valeurs mortes et perdues ix)ur la société.

Nous touchons, par ce côté de la question congréganiste, au droit qu'a l'Eglise de posséder des biens meubles et immeubles, et de les posséder sous la forme que requiert sa qualité d'être social durable et permanent. Ce droit, dans ses rapports avec la législation civile, fera l'objet d'une étude particulière.

Contentons-nous, pour le moment, de faire observer que la mainmorte prise en soi, et contenue dans de justes limites, n'est ni un mal qu'il faille supprimer, ni un danger qu'il soit besoin de prévenir.

Elle est l'apanage naturel et comme l'instrument obligé de toute organisation visant un but d'une durée indéfinie. L'Etat, les communes, les associations profanes libres et légales, possèdent en mainmorte; et personne ne s'en effraie^. Nous ne comprenons pas qu'un mode de possession, permis et inoffensif en des mains

Page 1