‹ Droit public de l'égliseChapitre 111 sur 241 · Le Cte de Muti, Discours, t. VII, pp. 20J-J · texte numérisé non relu

Le Cte de Muti, Discours, t. VII, pp. 20J-J

séculières, puisse devenir suspect par le fait seul que le corps possédant poursuit luie fin religieuse.

Bien loin d'offrir, pour la société, le péril que l'on redoute, les biens de mainmorte, qu'ils appartiennent ou non à des maisons religieuses, sont un gage de prospérité. « La grande propriété foncière, dit l'abbé Moulart \ est indispensable au progrès social; elle est un des plus puissants moyens de conservation, et une des bases les plus solides de la sécurité générale: il faut qu'il y ait dans la société des existences fortes et permanentes, toujours à même de faire les sacrifices qu'un avenir incertain peut à chaque instant exiger. » Par le travail constant, par les énergies variées et sans cesse renouvelées qui la fécondent, la propriété des corps religieux garde et accroît sa valeur. Son utilité semble circonscrite aux bornes de l'enclos des couvents. iCn réalité, elle se déverse, comme une vague fertilisante, sur le grand nombre de familles où les vocations se recrutent, sur l'infinité de pauvres, d« malades, d'infortunés, secourus par la charité monastique, sur toutes les classes sociales qui, dans une si large mesure et de tant de manières, bénéficient des œuvres congréganistes ".

Religieux et religieuses de tout nom et de tout pays ne cessent de se dépenser, eux et lem-s biens, dans l'intérêt commun. Et l'obéissance qu'ils vouent, loin de créer en eux, comme plusieurs le prétendent, une passivité aveugle ", et loin de ralentir leur ardeur pour le progrès spirituel et même matériel des peuples, ne fait qu'en activer la flamme. Par cette promesse, l'impulsion la plus virile, l'ébranlement le plus efficace, se communique aux vo-

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