‹ Droit public de l'égliseChapitre 112 sur 241 · L'Eglise et l'Etat, 4e éd., p · texte numérisé non relu

L'Eglise et l'Etat, 4e éd., p

2. Cf. Cavagnis, Inst. jur. publ eccL, 1. IV, nn. 387-388 (3e éd.) : Cte de Muu, ouv. et t, cit., pp. 207-208.

3. Dans sa lettre au cardinal Gibbons (22 janv. 1899), Léon XIII repousse avec énergie la distinction faite par les Américanistes entre les vertus actives et les vertus passives, et, s'armant de toute son autorité de Pape et de Docteur, il prend la défense des vœux de religion contre " ceux qui affirment que ces engagements sont tout à fait contraires au génie de notre époque, en tant qu'ils restreignent les limites de la liberté humaine ; qu'ils conviennent aux âmes faibles plutôt qu'aux âmes fortes, et que, loin d'être favorables à la protection chrétienne et au bien de l'humanité, ils sont plutôt un obstacle et une entrave à l'une et à l'autre".

lontés résolues; et, dans tons les instituts, la règle est un ressort puissant qui opère des prodiges.

Cette activité est telle que d'aucuns croient la voir, ambitieuse et envahiss-ante, s'introduire jusque dans le domaine politique. Nouveau motif invoqué contre les Ordres religieux, et qui semble bien, de tous les prétextes qu'on allègue, le plus grave par lc> intérêts qu'il met en jeu, et le plus insidieux par le vague dont il s'enveloppe.

On oublie, ou l'on feint d'ignorer, que l'esprit des congrég.itions fondées ou autorisées par la hiérarchie catholique, n'est cl ne peut être que l'esprit de l'Eglise elle-même. « Vivant sous dc^ règles qui n'ont absolument rien de contraire à une forme qm-lconque de gouvernement civil \ » elles planent comme l'Eglise au-dessus des contestations et des menées de partis. Il peut sans doute arriver que des religieux et des prêtres, pour des raisons locales ou par entraînement personnel, fassent politiquement usa^i:c de leurs droits civiques. Ce n'est, en général, ni l'intérêt ni le désir des hommes consacrés à Dieu, de descendre dans l'arène poudreuse où les factions se disputent la conquête du pouvoir.

Nous supposons qu'il ne s'agisse que d'affaires et de questions purement politiques. Dès lors, en effet, que la foi et la morale entrent en scène, c'est le droit inviolable de l'Eglise de combattre, par toutes les forces et toutes les influences dont elle dispose, les mesures qu'elle croit dangereuses, et les hommes qui les patronnent ou qui les inspirent. Dans cette œuvre de défense nécessaire, comment s'étonner qu'elle fasse appel à ses fils les plus vaillants, ou qu'elle en accepte le contours spontané et éclairé?

Les instituts religieux sont, dans la grande armée chrétienne, une avant-garde choisie, disciplinée, toujours sur pied, prête à toutes les luttes, et capable de toute les bravoures. Les ennemis du vrai et du bien les redoutent ; la religion et les âmes comptent à bon droit sur leur savoir et sur leur dévouement.

Page 1