Cavagnis, ouv. cit., 1. IV, nn. 326, ZZZ^ 3S
citoyen de vivre sons la règle de saint Ignace de Loyola, plutôt que sous celle de saint Dominique ou de saint François d'Assise. Ces préférences ne le regardent en aucune façon; ou bien la liberté religieuse n'est plus qu'un vain mot \ »
Il suit de là également que l'Etat, lorsqu'il ose se substituer à l'Eglise dans la détermination de l'âge requis pour la vêture et la profession religieuse, se rend coupable d'une intrusion certaine et d'un abus de pouvoir odieux ".
Vainement allcgue-t-on la nécessité de protéger la jeunesse et le corps social tout entier << contre les prétendues vocations nées de la contrainte ou de l'habitude ^ ». Cette protection, auxune puissance ne peut l'exercer plus sûrement que celle qui a réhabilité la dignité humaine, brisé ou allégé les chaînes de l'esclave, et appris à l'homme et à la femme quel usage faire de leur liberté. Les lois si sages contenues dans les canons "* sur l'entrée en religion et la profession religieuse, établissent jusqu'à l'évidence combien l'Eglise est désireuse de n'imposer aux âmes que de* obligations suffisamment connues par elles, et dont chacune puisse porter, devant Dieu et devant les hommes, l'entière responsabilité. D'après ces règles judicieuses, les postulants, quels qu'ils soient, ne peuvent être reçus dans une congrégation avant un âge déterminé, et ils ne peuvent, non plus, être admis à prononcer leurs vœux qu'après une longue initiation et une probation régulière.
En vérité, nul état social n'offre à la liberté humaine et aux droits essentiels de la conscience des garanties plus sérieuses.
Nul, en même temps, n'exerce sur les cœurs nobles et les caractères vigoureux une attraction aussi puissante. Et c'est pourquoi tant de belles âmes, cédant à l'appel vainqueur, affluent vers les instituts où l'on fait profession de se vaincre, de se renoncer, de se donner. Plus ces vocations d'élite abondent, plus