Bourgain, ouv. cit., p
D'après une décision du troisième et du quatrième conciles de Latran, l'autoritc civile, quels que fussent ses besoins, ne pouvait exiger des possesseurs de l)énélices aucun recours d'argent non autorisé par les évêques et parole Saint-Siège\ Lors(]ue Louis XV, par la voix de ses commissaires, somma un jour le clergé français de prélever sur ses revenus, en faveur de l'Etat, une somme manifestement exorbitante, l'assemblée du clergé, tout entière, protesta contre cette exaction, et cette protestation, ferme et soutenue, finit par l'emporter sur les prétentions royales ".
Presque tous les concordats conclus entre le Pape et les puissances politiques sont autant d'actes publics par lesquels l'Etat reconnaît, sanctionne, ratifie, le droit qu'a l'Eglise de posséder et d'administrer, pour le plus grand bien des peuples, et selon ce qu'exigent leurs intérêts les plus élevés, des biens temporels.
La Révolution française se signala, on le sait, par une série de spoliations violentes et de honteuses dilapidations. Et l'esprit de perversité qui inspira ces usurpations, après des alternatives d'une prudence cauteleuse et d'une arrogance sectaire, se révèle aujourd'hui plus ardent et plus audacieux que jamais. Il semble que, chez certains hommes, la notion du droit de propriété soit radicalement jxirvertie. Rien à leurs yeux n'est sacré de ce qui touche à la vie même et aux possessions les plus essentielles de l'Eglise. Il y a là un aveuglement inconcevable, et qui mène aux plus profonds abîmes. Pie IX, dès le début de son règne, avec ce regard des hommes de Dieu où se reflète l'avenir, entrevoyait déjà, dans le mépris de la propriété de l'Eglise, le triomphe redouté des théories socialistes '.
Cette crainte seule, à défaut de tant de motifs de religion et de justice, devrait retenir, sur la pente où ils s'engagent, les gouvernements prévaricateurs.
L'Eglise possède à titre général d'association juridique; elle possède, plus légitimement encore, à titre spécial de société reli-