‹ Droit public de l'égliseChapitre 142 sur 241 · Cf. saint Thomas, Som. théoL, Il-IIîe, Q. LXXXVI, art · texte numérisé non relu

Cf. saint Thomas, Som. théoL, Il-IIîe, Q. LXXXVI, art

; nelle justesse: Tout est à vous, Seigneur; et nous avons reçu de I votre main ce que nous avons donné \ N'est-il pas juste, encore, ' que ceux qui bénéficient du ministère des prêtres soutiennent, au [ prix de quelques sacrifices, des existences qui leur sont si utiles? ! Il ne s'agit pas, évidemment, de faire des œuvres saintes de vils ; objets de commerce, de mettre en parallèle et sur les plateaux , opposés d'une même balance, pour en apprécier la valeur réciproque, et pour en opérer l'échange, les biens spirituels et les biens ^ matériels. Ce serait là l'odieux trafic flétri par les théologiens et I par l'Eglise sous le nom exécré de simonie ^. Les prières que le prêtre chaque jour fait monter vers Dieu, les grâces que chaque jour il en fait descendre, les vérités qu'il enseigne, les coni solations qu'il prodigue, les sacrements qu'il administre, sont d'un 1 ordre et d'un prix indiciblement supérieurs à toute conception hii- I maine et à toute estimation mercantile.

j Mais ce prêtre qui prie et qui prêche, qui baptise, console et pardonne, ce ministre du Très-Haut et ce serviteur de l'Eglise dont la vie se consume en un labeur généreux et en des actes sans cesse répétés de dévouement à ses frères, il ne peut, comme ces derniers, vivre journellement du fruit de ses mains. Pour eux il s'est dérobé aux sollicitations des affaires du monde, aux promesses d'une carrière brillante, aux espoirs et aux perspec- I tives d'une situation lucrative ; pour eux, il s'est soumis aux con- !j ditions assujettissantes d'un état de vie qui requiert tous .ses ' soins, qui absorbe tout son temps, tout son esprit, tous ses travaux, et dont les délicatesses et les responsabilités lui interdisent l'âpre poursuite des richesses et le souci distrayant des intérêts temporels •". N'a-t-il pas le droit d'exiger que ceux, pour qui il se dévoue, subviennent généreusement à ses besoins, et lui fournissent les mo3'ens d'une honnête subsistance?

C'est, dit saint Thomas d'Aquin ■*, un axiome de droit naturel, que les personnes attachées an culte divin et aux fonctions sanctificatrices du

. I. Parai., XXIV, 14.

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