Cf. saint Thomas, ouv. cit., Q. C
3. On se rappelle le récent décret Docente Apostolo (18 nov. 1910), par lequel Pie X défend aux ecclésiastiques de prendre part à l'administration des œuvres et des institutions financières.
4. Som. théol, Il-Iht, Q. LXXXVIT, art. i ;— cf. Bellarmin, De clerkis, «h. 25.
peuple peuvent, en toute justice, attendre de ce peuple lui-même les choses nécessaires à la vie.
Et le célèbre docteur dominicain illustre cette proposition par l'exemple des fonctionnaires engagés dans les services publics, et que l'Etat rémunère au moyen d'impôts, directs ou indirects, prélevés sur la masse des citoyens. Aux magistrats revêtus de l'autorité judiciaire, aux officiers investis des fonctions administratives, on assure, à juste titre, une rétribution fixe qui mette leur existence à l'abri du dénuement et établisse leur indépendance au-dessus de tout soupçon. Quoi de plus raisonnable que de procurer aux prêtres, dont le rôle social l'emporte incomparablement sur tout autre, des ressources sans lesquellees ils ne pourraient ni se sustenter convenablement, ni s'acquitter, comme il le faut, des devoirs de leur charge ? --Jt
Cela semble bien une vérité de sens commun; et Notre-Seigneur s'en est fait le promulgateur autorisé, lorsque, dans ses instnictions à ses Ap(5tres, il leur recommanda de ne point s'aban- . donner aux soucis matériels de la vie, mais d'avoir foi en l'efficacité de cette parole : U ouvrier mérite sa nourriture \
Pénétré de la même pensée, et pour inculquer aux fidèles l'exacte notion de leur devoir vis-à-vis des ouvriers évangéliques, saint Paul, dans son franc et vif langage, s'écriait^ : Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-il donc si exorbitant que nous prétendions une part dans la moisson de vos biens matériels f ] D'autres l'ont fait parmi les Apôtres, pourquoi ce droit nous serait-il refusé? Le Seigneur a donné l'ordre à ceux qui annoncent l'Evangile, de vivre de riivangilc. Que celui donc qui est caté-^ chisé soutienne de ses biens celui qui le catéchise.
La question de la subsistance du clergé chrétien ne pouvait être plus nettement posée, ni plus fermement résolue.
Dès l'origine donc du christianisme, le denier du culte nous apparaît, sinon comme l'expression d'une obligation légale, du moins comme l'accomplissement d'un grave devoir de conscience. Ce devoir, au surplus, semble suffisamment compris. Les évêques
T. Math. X, 10.