I. S. Thomas, Som. théoL, Il-IIœ Q. CLXXXV, a
Daiis un.de ses décrets^ relatifs à la réfonne religieuse, le Concile rappelle les plus purs enseignements de la tradition catholique sur les biens de l'Eglise; il dénonce et stigmatise le fléau du népotisme; il interdit, dans les tenues les plus sévères, aux prêtres, aux évêques, aux cardinaux, d'employer les revenus ec-
t clésiastique à enrichir leurs proches ou leurs amis, et de priver
; ainsi les pauvres de leur part afférente de ces biens.
\ L'angélique docteur saint Thom'as, pour qui les Pères de Trente professaient un si profond respect, et en qui se reflète,
j comme en un miroir, la pensée théologique de tous les âges anté-
' rieurs, ne s'exprime pas avec moins de vigueur.
Si l'évêque, écrit-il ^ (et il faut en dire autant de tous les bénéficiers), si
' l'évêque, non content de la portion des revenus qui lui est assignée, détourne
de leur usage et à son profit les biens destinés au soulagement des pauvres, à
la sustentation des prêtres et à l'entretien du culte, il manque à son devoir,
'' il pèche mortellement, et il est tenu de restituer.
De cette doctrine lumineuse, deux vérités se dégagent à l'instar de deux principes. La première, c'est que le clergé peut emprunter au trésor de l'Eglise ses moyens de subsistance et prendre sur les revenus ecclésiastiques ce qu'il lui faut pour vivre honnêtement, c'est-à-dire conformément aux nécessités de son état, ! aux habitudes locales et aux convenances sociales. La seconde, \ c'est que le surplus de ces revenus ne peut être dépensé au hasard i des occasions et des œuvres, mais qu'il doit servir à rehausser les ' splendeurs du culte divin, et surtout à soulager l'infortune et l'indigence.
Le Père Thomassin ^, pour mieux établir cette destination essentielle des biens ecclésiastiques, s'est imposé la tâche d'exhumer et d'analyser les textes les plus significatifs des Pères et des i Conciles. Rien de plus éloquent que ces pages, empreintes de l'esprit même du Christ, et où éclate le triple souci de la subsis-
■ I. Sess. XXV, de Reforni. c. i.