‹ Droit public de l'égliseChapitre 153 sur 241 · Id,, ihid., pp · texte numérisé non relu

Id,, ihid., pp

4. Cf. Pastor, Hist. des Fapes, trad. Raynaud. t. V, pp. 351 et suiv. {

distractions les plus innocentes et les plus salutaires! Depuis les premiers apôtres, humbles et austères, jusqu'à un saint Malachie, jusqu'à un cardinal Ximénès, un cardinal Borromée ou un Pie IX, la liste est long^ue des hommes d'Eglise ^ dont la bonté généreuse, l'abnégation vaillante, le dépouillement volontaire et habituel, assurèrent, sur le sol chrétien, la création et la prospérité •de tant d'oeuvres de piété et de zèle.

Ces œuvres, inappréciables, innombrables, parlent suffisamment d'elles-mêmes. Elles redisent, dans la langue majestueuse des siècles, par quels élans de foi et quels prodiges d'économie, l'Eglise, dispensatrice intelligente de ses biens, a pu simultanément sentir la cause de la religion et les intérêts de la charité, construire en l'honneur de Dieu des temples superbes, et secourir par ■mille industries l'hun.ianité indigente.

L'inepte vandalisme qui s'acharna, il y a quelques années, contre les églises de l^rance, a soulevé, jusque dans le monde libre- I penseur, une juste indignation. Ce que l'on voit en ces églises, ce n'est pas seulement leur caractère rituel qui en fait de pieux cénacles, ouverts aux populations croyantes, aux âmes repenties. Ce n'est pas seulement, non plus, l'art séculaire dont elles portent, sur leurs façades ouvrées, sur leurs clochers vénérables, et jusque sur leurs murs croulants, l'empreinte vigoureuse. C'est encore, pour plusieurs du moins, le titre authentique qui en dé- ; signe l'origine, et par lequel ces édifices, comme tous autres im- I' meubles, se rattachent à la personne, individuelle ou morale, qui en est, aux yeux du droit, propriétaire légitime.

Bon nombre d'églises sont sans doute l'œuvre directe de princes munificents, ou le fruit de fréquentes aumônes versées par les tîdèles. Plusieurs, d'autre part, ne doivent leur érection- et leur embellissement qu'au zèle, à l'esprit d'entreprise de l'autorité ecclésiastique, et aux ressources mises par elle à l'usage des diocèses , et des paroisses. Lorsqu'il s'agit d'honorer Dieu, l'Eglise n'éparu gne ni ses fatigues ni ses deniers. Elle réprouve à bon droit le j luxe dont s'enorgueillit la créatiwe: elle approuve et encourage les actes de magnificence qui glorifient le Créateur. Dès les pre-

Page 1