Desjardins, Etudes rel., mars 1889, p
3. Cf. Bourgain, ouv. cit. pp. 296, 324; — réponse d'Innocent XI au clergé de France, 11 avril 1682 (Bossuet, Œuvres complètes, éd. Guérin, t. XII, pp. 587-588).
4. Le budget des cultes fut créé d'abord en France, le 4 nov. 1789, et il s'y est maintenu jusqu'à la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
5. ** En Belgique, en Prusse, à Genève, en Hollande, les frais du culte et rinstruction de ses membres sont à la charge de l'Etat. " (Em. OUivier, §uv. cit., p. 582). Il en est, plus ou moins, ainsi dans plusieurs autres pays.
l'Eglise, doit-il être regardé conune le meilleur de tous? Et faudra-t-il dire que l'Etat, en s'emparant des possessions ecclésiastiques, et en leur faisant subir une transfonnation qui subordonne la vie du prêtre au Ik')ji plaisir du pouvoir, a bien mérité de la religion?
Assurément, non.
Au lendemain de certaines crises politiques, et à la suite de bouleversements dangereux pour la société, l'indemnité budgétaire offerte par le pouvoir civil, et consentie par l'Eglise, a pu être, nous l'avouons, le seul moyen pratique de remédier à un mal très ])rofond, et de mettre fin aux débordements de l'anarchie religieuse. Le Saiîit-Siège s'en est rendu compte, et plusieurs arrangements concordataires portent, sur ce point comme sur tant d'autres, la marque de sa haute prudence \ - De son côté, l'Etat, en appliquant au soutien du clergé la rente ■des biens ecclésiastiques confisqués, ne fait qu'acquitter une dette ■d'honneur-. Et dût-il, par ses propres ressources, subvenir à tous les besoins du culte, il ne ferait, en agissant ainsi, que remplir son devoir à l'égard d'une religion dont les ministres répandent sur les peuples de si larges bienfaits ''.
Cette rémunération gouvernementale présente, sans doute, ra\antage de soustraire les hommes d'Eglise aux soucis et aux embarras (jue crée, surtout dans une société de fidèles tiédis, la perception personnelle des taxes et des redevances curiales ^.
Mais cet avantage, quelque appréciable qu'on le suppose, ne saurait, d'autre part, rejeter dans l'ombre l'inconvénient très grave et la gêne très réelle inhérents à la condition de prêtres et