‹ Droit public de l'égliseChapitre 161 sur 241 · Cavagnis, om', cit., vol. TLL n · texte numérisé non relu

Cavagnis, om', cit., vol. TLL n

d'évèques salariés par l'Etat*. Semblable salaire n'est, direz-voiis,

' qu'un acte de justice; entre les mains d'exploiteurs habiles, il prend trop aisément l'apparence d'une faveur. L'inévitable dépendance, à laquelle l'ecclésiastique ainsi appointé voit sa per-

i sonne réduite, rejaillit presque fatalement sur sa fonction. Il y a

, danger qu'elle enchaîne son verbe, qu'elle entrave les courageuses

' hardiesses de son ministère, qu'elle amoindrisse la liberté apos-

' tolique de son action.

Le prêtre n'est pas. il ne doit point paraître un simple fonction-

\ naire, docile et muet, de la société politique.

D'attentifs observateurs n'hésitent pas à faire dépendre de cet

, assujettissement, la résignation silencieuse qui, au siècle dernier, pesa d'un poids si lourd sur l'Eglise de France, et dont le spec-

' tacle arrachait aux militants de l'idée catholique, tels que Montalembert et Veuillot, de si poignants regrets.

Toutefois, là où existe le budget des cultes, ce n'est ni le désir

^ ni la tactique de l'Eglise de s'opposer à ce qu'on le maintienne. Elle-même pour de graves raisons, s'est prêtée à cet accommodement : elle ne retire mille part la parole donnée. Là, au contraire, où les fidèles se montrent assez généreux pour assurer, soit par

; de lil)res offrandes, soit par des contributions légales, l'entretien du culte et le soutien du clergé, il y aurait, croyons-nous, erreur

: profonde à souhaiter la disparition de ce système, et à vouloir lui substituer une rétribution par l'Etat.

L'idéal, pour l'Eglise, n'est pas d'attendre ni de recevoir d'une puissance étrangère ses moyens habituels de subsistance. Sa dignité et son indépendance exigent plutôt qu'elle ait elle-même sous la main, et en quantité suifisante. des biens dont elle puisse disposer à son gré, et qui lui permçttent de pourvoir opportunément à toutes les nécessités morales et religieuses.

1. Id., ibid., n. 418. — Le cardinal Satolli, appréciant ce système, dit que, , "încontestablement, il met le clergé dans un état précaire, qu'il expose ■ relise à de nouvelles spoliations, et qu'il l'assujettit aux Gouvememeiits " : (Ouv. cit., p. i6r).

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