Conc, de Trente, Sess. XXII. c. S, de Reform
lions, les obligeant à l'autorisation préalable, leur imposant des lois restrictives, et leur déterminant de nouvelles conditions de vie \ Turgot, au dix-huitième sièole, soutint l'étrange doctrine ^ que, les fondateurs n'ayant pas le droit d'enchaîner à leurs volontés les générations futures, l'Etat peut, sans respect pour leurs intentions, disposer des fondations anciennes, leur créer de nouveaux objets ou mieux encore les supprimer. C'était poser la théorie des confiscations les plus sacriilèges. La Révokition devait aller jusqu'au lx)ut de ce principe néfaste, et engloutir dans un gouffre ruineux l'argent de Dieu, l'argent des pauvres, et celui des défunts.
Il serait trop long d'examiner en détail les diverses législations contemporaines relatives aux fondations. Sans être toutes basées sur la doctrine révolutionnaire, elles ne s'inspirent pas toutes, non plus, d'une même conception équitable de l'autonomie religieuse. En Allemagne, en Angleterre, en Suisse, au Monténégro, aux Etats-Unis, il semble que le droit de fonder jouisse d'imé plus grande somme de liberté que dans la plupart des autres pays, et FEtat n'y prétend pas conférer aux fondations l'être juridique qu'elles acquièrent par l'acte même de leur naissance ''\ Presque partout, cependant, les pouvoirs publics modernes, pris de fièvre centralisatrice, convoitent et s'attribuent la tâche de régir l'administration des biens consacrés, par le libre vouloir de leurs possesseurs, aux œuvres pieuses.
Cette tendance est dangereuse; et à moins que l'Eglise, par imt concession prudente ou dans un texte de concordat, ne juge opportun d'y obtempérer, elle va directement à l'encontre des pmcipes catholiques et de la juridiction ecclésiastique.
Nos lecteurs savent avec quelle impudeur, et quel insolent mépris des droits les plus saints et des traditions les plus vénérables, le gouvernement français traitait naguère la question des fondations de messes. Par un véritable détournement de fonds,
j. Fénelon, ouv. cit., 1ère P., ch. IV-V.
2. Article sur les fondations dans l'Encyclopédie; — cf. Vreppel, Œivures polémiques, Vie série, pp. 516-524.