Fénelon, ouv. cit., pp. 73-3o
oii osait arracher des mains qui ravalent eh charge ce patrimoine vseculaire des défunts pour le confier à de nouvelles organisations indépendantes de l'autorité religieuse \ Pie X ne fut pas lent à protester. Dans une lettre aux Cardinaux français'", il fonnulaiten tenues énergiques sa pensée.
Grave, secric-t-il, est la question des fondations de messes, patrinioiue sacré sur lequel on a osé mettre la main au détriment des âmes et en sacrifiant les dernières volontés des testateurs. Il est incontestable, en effet, qiie ces fondations devaient servir, dans la pensée des défunts, à faire célébrer les saintes messes, non pas d'une façon quelconque ou par qui que ce soit, mais dans la forme légitime et en parfaite conformité avec la discipline de l'Eglise catholique. Or, au lieu de restituer ces fondations sans entraves, on les ofïre I à. des Mutualités que l'on dépouille explicitement de tout caractère ecclésias- ; tique et auxquelles, de par la loi, on interdit toute intervention légale de I l'épiscopat. La loi, en effet, ne reconnaît aucune intervention de l'autorité" ec- I clésiastique, qui se trouverait désormais dépourvue de toute force légale pour I assurer toujours et partout la célébration légitime des saintes messes, et, par ■ fà même, malgré toutes les mesui-es que pourrait prendre l'épivScopat,' ei malgré le bon vouloir de la majorité des très dignes prêtres de France, la célébrai tion de ces messes serait exposée aux plus redoutables périls. Or, Nous de- I vons sauvegarder la volonté des testateurs et assurer la célébration légitime en toute circonstance du saint sacrifice. Nous ne pouvons donc autoriser un système qui est en opposition avec les intentions des défunts et contraire aux , lois qui régissent la célébration légitime de. l'acte le plus auguste du culte catholique.
De la part de ceux qui les acceptent comme de ceux qui les
; font, les fondations, assurément, sont libres. Mais du jour où
1 elles se sont librement constituées, elles revêtent, aux yeux de la
;• raison humaine et de la conscience populaire, un caractère qui
\ts rend inviolables et sacrées. C'est l'inviolabilité même des actes
testamentaires, dans lesquels l'homme, mis en face de l'éternité,
et sons le coup de cette lueiu" fuyante qui traverse son regard
moribond, dépose avec émotion le dernier effort de sa pensée et
les dernières générosités de son âme. Tous les peuples se sont
inclinés devant cette suprême et touchante manifestation de là
liberté et de la bonté. << Essayez, disait éloquemment M. Barrés %
de descendre dans la conscience d'un croyant cjui rédige .ses der-
1. Ivoi du 13 avril ig(jS sur la DH'Oiution des biens ecclésiastiques.