Questions actneUcs. t. XCÎV, p. \\i
iiîères dispositions et d*y vo\v naître et se développer la pensée d'une fondation; vous serez émus de la beauté, de la force, de rutilité d'un tel désir de vaincre la mort, de rester uni au delà de la tombe avec la société où il a peiné, de reposer dans la conscience de ses coreligionnaires. Le fondateur lève les yeux plus haut que ses intérêts positifs. Il se soucie du jugement de ses concitoyens présents et à venir. » M. Barrés ne veut pas être de ceux qui, trahissant cette confiance, « entrent dans le cimetière, fracturent le cercueil, et violentent la main raidie pour en arracher la î^ièce de quarante sous destinée à une messe fondée ».
C'est là le sentiment de tous les cœurs nobles, de tous les hommes d'honneur, et de toutes les nations civilisées. C'est aussi le secret de l'attitude que garde, que garda toujours le clergé à Tégard dts fondations confiées à ses soins.
Avec quel zèle pieux l'Eglise n'autorise-t-elle pas ces œuvres religieuses, et avec quel scrupule attentif ne veille-t-elle pas sur l'acquittement des charges qui y sont attachées!
D'importantes prescriptions canoniques forment autour des fondations comme un rempart protecteur \ Elles imposent aux chefs des diocèses l'obligation grave de ne les agréer qu'à bon escient, d'en étudier sérieusement les conditions et les avantagées, de faire en sorte que ces conditions soient minutieusement ol>sen^ées, et, pour en garantir l'exécution dtirabîe. de placer le plus sûrement ix)ssible les fonds sur lesquels la fondation repose. Elles frappent, en outre, des censures les plus rigoureuses ceux qiîi portent atteinte aux biens ainsi légués ^. '
Et s'il arrive que ces biens, nialgré l'infatigable vigilance de î'Eglise, viennent à perdre notablement de leur valeur et se trouvent en disproportion avec les cliarges dont ils sont grevés, les canons '' font aux Evêques et aux Supérieurs religieux un devoir de conscience de s'employer par tout moyen à assurer de quelque manière, et clans la mesure du p<")ssible, la réalisation des pieuses intentions des fondateurs.
1. Bargilliat, Prcelectiones juris carionici, 2C éd., t. îï, nn. 1367-1371 ; — cf. ■Code de Dr. can., h. III, Tit. 30.