‹ Droit public de l'égliseChapitre 204 sur 241 · Ihïd..,p. 3S · texte numérisé non relu

Ihïd..,p. 3S

Quoi qu'en pensent les régalistes et les étatistes de tout camp \ ce n'est pas, en principe, à la puissance civile qu'il appartient de déterminer le genre et la quantité des ressources nécessaires à la subsistance du prêtre. L'un des droits les plus manifestes d'une société parfaite comme l'Eglise, c'est bien, ce nous semble, de régler elle-même les conditions d'existence de ses ministres -. Des empiétements ont pu se produire, des accommodements s'effectuer, dans le passé. Le droit de la société religieuse à se gouverner par ses propres lois n'en demeure pas moins certain et intangible.

Pourquoi, d'autre part, — nous ne parlons ici qu'en notre nom personnel, et sans vouloir ni prévenir ni influencer le jugement de ceux qui ont qualité pour prononcer en ces sortes de questions, — pourquoi l'autorité religieuse prendrait-elle l'initiative et courrait-elle les risques d"une mesure abolitive du régime actuel des dîmes?

Le changement, en soi, n'est pas nécessairement un progrès. Ufte forme disciplinaire, qu'elle qu'en ait été la durée, ne doit être modifiée ou remplacée que le jour où elle a cessé de répondre aux nécessités qui l'ont fait naître. Il y a, dans les traditions de l'Eglise, nom seulement une évocation des temps disparus, mais une chaîne qui y rattache le temps présent et une force qui le protège contre les notivautés et les témérités.

Nos lois civiles reconnaissent la dîme, et en exigent, devairit les tribunaux, le paiement exact et intégral. Serait-on sûr d'obtenir, pour tout autre sytème de contribution, la même protection îégak et les mêmes garanties judiciaires? Et, supposé qu'une législatios? nouvelle satisfaisante prit aisément se substituer à l'ancienne, auraitelle, pour résister aux agitations de Tesprit moderne, la même fixité. la même stabilité, que celle dont nous jouissons, et qui plonge en quelque sorte ses racines dans les profondeurs les plus reculées ât notre histoire?

Nous entendons parfois cette remarque, que l'évolution actuelle de l'exploitation agricole et les progrès croissants de l'industrie laitière, rétrécissent de façon notable le champ des matières décimabîes. Soit ; mais rien n'empêche que, là où les revenus de la dîme décroissent jusqu'à insuffisance, on ne les complète par un impôt supplémentaire, par une capitation répartie équitablement sur tous. C'est en effet, croyons-nous, ce qui a lieu presque partout; et le clergé de

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