Ibid., p
2. Voir dans Mignauh, ûitv. cit., p. 185, les parales de Thon, juge TeUscr (7 janv. 1893).
notre province, sans vivre dans l'opulence, jouit en général d'une situation financière également éloignée de la richesse fastueuse et d'un état de privation dont les pauvres, hommes et œuvres, auraient singulièrement à souffrir.
Cette modeste aisance lui suffît ; et la dîme d'où elle découle offre, d'après nous, assez d'avantages pour mériter qu'on la maintienne.
Il en est de même du système français des conseils de fabrique dont nous avons déjà parlé, et qui, importé ici de la France dès les premiers temps de la colonie, s'est constamment maintenu avec l'appui de la loi civile.
Jusqu'au commencement du siècle dernier, d'après les lois existantes, il n'appartenait « qu'aux anciens et nouveaux marguilliers, avec le curé, d'assister aux assemblées de fabrique, pour y délibérer conjointement sur les élections des marguilliers, redditions de comptse, ou autres affaires administratives de l'Eglise \ »
Vers 1830, l'opinion publique et la Chambre furent saisies d'un projet de loi tendant à subordonner au suffrage des notables, c'est-àdire de tous les paroissiens propriétaires et contribuables, les affaires les plus importantes des fabriques. C'était déférer à la puissance laïque une question qui, de sa nature, est de la compétence exclusive de l'Eglise : le clergé canadien protesta -. Néanmoins, en 1843, ^^^^ l'intérêt de la paix et avec l'assentiment du Saint-Siège, les autorités religieuses de Québec ^ et de Montréal * jugèrent opportun de permettre qu'on appelât aux assemblées de fabrique, pour les élections de marguilliers et les redditions de comptes seulement, avec lés marguilliers anciens et nouveaux, les paroissiens propriétaires. C'était une concession faite, en matière administrative, par l'Eglise ellemême, laquelle n'osait refouler le sentiment populaire, tout en se rendant compte des inconvénients plus ou moins graves qu'entraînent fréquemment le tumulte et l'aléa d'assemblées trop nombreuses.
Ces inconvénients diminuent avec le décroissement numérique des fabriciens, et c'est ce qui fait (nous l'avons déjà noté) que le système des conseils de fabrique ou d'administration paroissiale 011 n'entrent, avec l'élément ecclésiastique, que quelques laïques sagement choisis, l'emporte vraisemblablement sur le nôtre.
1. Mémoire accompagnant la requête présentée à h Ch-ambre d'Assemblée par le clergé canadien du Bas-Canada contre l'admission des notables dan:^ las assemblées de fabrique, 1831, p. 8.