Jos. de Maistre, Du Pape, \. II, ch
gne, le conseiller équitable, le pacificateur et le modérateur sou-
verain \
Souverain, le Pape l'est donc, et d'après les formes constitutives de la société religieuse, et d'après le droit, naturel et positif, qui gouverne les rapports des principautés terrestres. C'est une puissance, dans le sens diplomatique de ce mot, une puissance véritable, la plus influente comme la plus stable, la plus haute de toutes les puissances.
De là découle une règle fondamentale en droit public : c'est que la souveraineté papale doit être reconnue comme telle par tous les Etats, qu'ils s'appellent royaumes, empires, républiques. Aucun gouvernement ne peut l^gnorer, ni s'abstenir, le cas échéant, de négocier avec elle, pas plus qu'on ne peut ignorer n'importe quelle puissance civile avec laquelle des intérêts sérieux fournissent l'occasion et imposent la nécessité de conclure un traité ou d'établir une entente.
Cette situation juridique donne au Pape un droit strict à tous les attributs de la souveraineté.
Et parce que dans la notion de puissance souveraine se trouve comprise celle d'indépendance, nous devons d'abord conclure que le Chef suprême de l'Eglise ne saurait être le sujet d'aucun Etat. Sa dignité et son autorité y répugnent.. C'est l'enseignement formel des canonistes, notanmient de Mgr Cavagnis ^ : « Le Souverain Pontife qui possède la plénitude de l'autorité ecclésiastique est, de droit divin, indépendant de tout pouvoir humain, quel qu'il soit. Et cela, parce qu'il est le sujet en qui réside le pouvoir suprême de l'Eglise, qu'à ce titre il est juge des actes émanant des autres pouvoirs, et qu'il se trouve placé, pour ce motif, dans
1. Ce fait très significatif a inspiré au professeur Geffcken les paroles suivantes. " Naguère,^ le chef du parti du Centre, Windthorst, avait déclaré dans une assemblée publique que c'était le Pape qui gouvernait le monde. Bismark, en recourant à la médiation du Pontife, appuya de fait cette prétention. " (Dans Le Pape Léon XIII par Mgr de T'Serclaes, t. I, p. 404).— Cf. Lefebvre de Behaine, ouv. cit., pp. 177 et suiv.