Giobbio, ihid., pp
Les nonces viennent au second rang. Ce sont, d'après le droit, des représentants à demeure de. la personne et de l'autorité du Pontife romain, et ils jouent dans Tordre ecclésiastique le rôle proéminent dévolu aux ambassadeurs dans la carrière civile. Six nonciatures (elles étaient jadis plus nombreuses) furent, jusqu'à la dernière guerre, autorisées par la diplomatie : celles d'Autriche- Hongrie, d'Espagne, de Portugal, de Belgique, de Bavière et du Brésil. Selon le protocole, les trois dernières n'ont pas toute l'importance officiellement attribuée aux trois autres, et elles sont dites de deuxième classe ^.
Les internonces appartiennent à une catégorie inférieure d'agents diplomatiques. Cette différence, toutefois, tient moins à la nature de leurs pouvoirs qu'à l'histoire religieuse et au degré d'importance politique des pays où ils ont mission de représenter le Saint-Siège. Il existe actuellement deux internonciatures, l'une en Hollande, l'autre au Chili.
Viennent en quatrième lieu les envoyés extraordinaires et les délégués apostoliques. — Par la première de ces dewx dénominations, il est d'usage tout d'abord de désigner les représentants du Pape d'un grade secondaire et accrédités d'une manière stable auprès de certains gouvernements de troisième ordre, tous de l'Amérique latine. C'est en même temps le nom que prennent quelques personnages de la cour papale chargés éventuellement de missions particulières : tels les ablégats qui vont porter aux cardinaux créés en dehors de Rome la barette cardinalice ; tels encore les envoyés à qui le Pape confie, pour des personnes d'un rare mérite, des présents bénits de sa main, roses d'or, layettes royales, épées
I. La légation de France, récemment supprimée, était la deuxième des nonciatures de première classe. Il ne tiendrait qu'au Gouvernement de l'illustre nation française de reprendre, par une reconnaissance équitable du Pape, de l'Eglise et de ses droits les plus essentiels, les anciennes traditions diplomatiques si fâcheusement interrompues. (Sur les origines de la nonciature de France, voir Questions actuelles, t. XCI. pp. 149-160, 180-192). — Ajoutons que par suite des graves commotions politiques qui agitent depuis quelque temps l'Espagne et le Portugal, les nonciatures de ces deux pays se trouvent dans une situation très précaire.
et chapeaux d'honneur \ — Ceux des envoyés pontificaux extraordinaires dont le service est permanent s'appellent aussi délégués apostoliques '\ et c'est pareillement ce dernier titre que portent les représentants du Saint-Siège en divers pays, comme la Grèce, le Canada, les Etats-Unis, où les catholiciues, ciuelle que soit leur influence, ne forment qu'une minorité.
L'échelle diplomaticjue se termine par les chargés d'affaires : c'est le nom qu'on donne, pendant la durée de leurs fonctionsintérimaires, aux auditeurs des nonciatures et des délégations apostoliques, appelés à remplacer momentanément les titulaires absents ou parxxnus au terme de leur charge.
Est-il besoin de faire ressortir l'importance souveraine de l'organisation, aussi puissante que féconde, par laquelle le Saint- Siège se tient en relations suivies et, pour ainsi dire, en conversation constante avec les gouvernements civils et avec les chefs des Eglises particulières? Ces rapports réguliers forment comme autant de liens dont le vaste réseau, jeté sur le corps social catholique, l'enveloppe en toutes ses parties, et, sans le broyer ni l'anémier, l'assujettit au centre principal de la foi chrétienne et de la discipline religieuse.
Dans le régime d'alliance avec le pouvoir civil, l'utilité pour l'Eglise d'un service diplomaticjue organisé, saute aux yeux. Et Mgr Sauvé a raison d'écrire ^ : « L'union de l'Eglise et de l'Etat qui est voulue de Dieu, est toujours chose très désirable et très avantageuse; or, les Nonces sont le signe frappant de cette union qu'ils contribuent à conserver, à confirmer et souvent à resserrer. Que de fois un Etat aurait brisé avec le Saint-Siège, s'il n'avait été retenu par la présence et l'action d'un nonce intelligent ! ... Le Pape aime mieux une alliance avec l'Etat, quelque tiraillée cju'elle soit, que l'absence de tout lien. Tant Cju'un nonce reste dans une nation, l'Eglise y apparaît vraiment comme une société autonome.
T. Giobbio, ibid., pp. 316-334.
2. D'après Mgr Giobbio (ibid. p. 322), au même agent diplomatique convient le nom d'envoyé extraordinaire dans ses rapports avec le pouvoir civil et celui de délégué apostolique dans ses rapports avec les Evêques et les fidèles.