‹ Droit public de l'égliseChapitre 32 sur 241 · Id„ p · texte numérisé non relu

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court, le respect de l'Episcopat et de ses droits ^ le souci constant 'de christianiser la politique humaine et de la faire servir au triomphe de la cause religieuse.

Lorsqu'il s'agit de principes sacrés à défendre et d'intérêts supérieurs à sauvegarder, ce n'est pas, avant tout, sur des méthodes d'expédients toujours fragiles, mais sur les forces vives et sur les éléments organiques dont l'Eglise a été pourvue, qu'un ambassadeur pontifical doit s'appuyer ^.

Aujourd'hui, plus peut-être que par le passé, le nombre est grand des politiciens sans convictions et sans conscience, qui, pour réaliser leurs rêves ambitieux, ne reculent devant aucun méfait et se livrent, sur la religion elle-même, à une basse et honteuse exploitation. Servie, comme elle doit l'être, par des esprits d'élite, la diplomatie papale méprise les procédés louches et les marchandages suspects; elle perce du regard les voiles mensongers qui lui dérobent la lumière; et, au-dessus des brigues sournoises et des propositions captieuses, sans témérité et sans outrance, elle tient ferme le drapeau des justes et nécessaires revendications. C'est par cette conduite franche et noble, insinuante sans cesser d'être digne, bien plus que par une obséquiosité accommodante, que les agents diplomatiques du Saint-Siège imposent autour d'eux le respect. L'autorité qu'ils ont l'honneur de représenter ne souffre pas qu'on l'amoindrisse. Elle a le droit de se présenter partout dans une royale attitude; et l'Etat, en l'agréant telle qu'elle est, avec les pouvoirs et les prérogatives dont elle jouit, accomplit un acte de haute et salutaire politique.

On rapporte que la Cour de France, sous l'empire de certains soupçons, ayant refusé de recevoir le nonce choisi par Sixte-

1. "Le nonce, dit Mgr Giobbio {ouv. et t. cit., p. 418), doit, dans l'exercice de sa juridiction, éviter soigneusement tout ce qui peut blesser même légèrement les droits de l'autorité des évêques. Il en est qui, par ignorance ou par malice, oseront lui suggérer des actes relevant de la juridiction épiscopale et propres à faire naître entre les évêques et lui des dissentiments. Le nonce doit y prendre garde et n'user des facultés elles-mêmes qui lui sont accordées par le Saint-Siège qu'avec beaucoup de prudence et de modération ".

2. L'exemple donné au siècle dernier par les catholiques belges dans leur grande lutte scolaire a montré quelle force de résistance offre, contre l'oppression, le faisceau compact des énergies religieuses de tout un pays.

Quint, celui-ci se serait écrié : «■ Aussi longtemps qu'il me restera un souffle de vie, jamais je ne permettrai que le choix de mes nonces se fasse au gré d'autrui ^ ». C'était, sur les lèvres du fier pontife, l'énoncé d'un droit que les faits ne permettent pas toujours d'exercer dans toute sa rigueur; mais il pouvait être utile, en l'occurrence, d'en faire l'affirmation solennelle.

Ni la nomination ni la situation juridique des représentants du Saint-Siège ne dépendent, en principe, du bon vouloir des gouvernements ". L'Eglise, loin d'être subordonnée à l'Etat, le domine de toute la hauteur de sa mission divine. Et si cette mission lui prescrit des actes de bienveillance à l'égard des pouvoirs publics, rien ne sied moins à sa dignité que de s'humilier devant eux et de mendier leur faveur.

On connaît ce lieu commun de la rhétorique antireligieuse : «Le Pape, hors de son palais et de sa ville, n'est qu'un étranger ». C'est le langage de ceux qui ne voient dans l'Eglise catholique qu'une association quelconque, et non une organisation juridiquement établie, par l'Auteur de toute créature, sur des bases d'unité et d'universalité. Nous concédons, certes, que Guillaume II soit étrangei* à Paris, Georges V à Berlin, le président des Etats-Unis à Madrid ; mais le Vicaire du Christ, comment le serait-il, lui qui exerce sur la terre les pouvors mêmes de Dieu, lui dont le sceptre s'incline sur la conscience des grands comme sur le front des humbles, lui dont l'autorité ne relève d'aucune convention humaine, et dont la puissance n'est circonscrite par avicunes bornes terrestres ?

Non: le Pape, hors de Rome, n'est pas un étranger; c'est un souverain personnellement absent, et que les nonces ou autres personnages qualifiés représentent, chacun dans les limites de son

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