‹ Droit public de l'égliseChapitre 35 sur 241 · Giobbio, ihid., pp · texte numérisé non relu

Giobbio, ihid., pp

3. Art. II. Aux ambassadeurs de Sa Sainteté auprès des gouvernements étrangers sont assurées, sur le territoire du royaume, les prérogatives et immunités d'usage, pour l'aller au lieu de leur ambassade et pour leur retout

^ ^Questions actuelles, t. XI, p. 175).

Au surplus, les égards dus aux représentants du Saint-Siège ne sont pas uniquement affaire d'étiquette et de cérémonial diplomatique : ils impliquent et ils présupposent, chez ceux qui les témoignent, une A^érité de sentiments et une sincérité d'attitude, dictées par une parfaite probité politique.

Un gouvernement, quel qu'il soit, même non catholique, s'il est soucieux de sa dignité et conscient de ses devoirs, professe pour les envoyés du Pape le plus entier respect. Et ce respect, de sa part, ne consiste pas seulement en l'usage de quelques formules courtoises et de quelques civilités empressées. Il se traduit principalement par une collaboration honnête dans l'œuvre de justice, de concorde, de saine liberté, que vise et poursuit partout l'Eglise de Jésus-Christ. Faire de solennelles promesses sans souci de les remplir; donner le change sur ses intentions réelles; agiter d'une main déloyale, pour tromper des esprits confiants, le spectre de vains fantômes et de périls imaginaires, ce sont là des procédés qui s'expliquent chez des politiciens de bas étage en tournée électorale; on ne les comprend ni ne les excuse chez les hauts dignitaires civils que leur charge met en relation avec fautorité la plus sainte, la plus digne de déférence et de considération. Et ceux qui se rendent coupables de telles indignités portent justement, aux yeux de l'histoire, le stigmate dont restera éternellement marqué le front d'un Frère-Orban ou d'un Waldeck-Rousseau.

Cette flétrissure atteint tous ceux, — politiciens, diplomates, chefs d'Etat, — qui offensent gravement la Papauté, soit dans l'exercice de ses droits de légation active, soit dans l'accomplissement de ses fonctions de légation passive. Le Pape, en effet, ne se contente pas de déléguer jusque dans les contrées les plus lointaines des hommes chargés de le représenter; il reçoit en même temps, au pied de son trône, les envoyés de toute classe des diverses puissances temporelles. Ces ambassadeurs et ces ministres, — n'est-il pas oiseux de l'ajouter? — doivent au Chef de l'Eglise l'hommage respectueux de confiance, de sincérité, de loyauté, que méritent sa personne auguste et son titre suréminent de souverain du monde chrétien.

Et en raison même de cette souveraineté auprès de laquelle ils

sont admis, de son caractère véritable et officiel, les membres du corps diplomatique près le Saint-Siège peuvent revendiquer tous les privilèges dont jouissent leurs collègues dans les relations qu'ils ont avec les cours civiles ^. C'est ce que le gouvernement italien n'a pu s'empêcher de reconnaître, au moins en fait ^. Et le fait, ici, n'a été qu'une nécessité d'ordre majeur, imposée en quelque sorte par le droit.

En violant par une atteinte directe la liberté des rapports officiels entre Rome et les puissances, les usurpateurs des Etats du Pape eussent couru le risque sérieux de querelles et de contestations politiques et même de complications internationales: ils ne l'ont pas osé. Ils ont cru, et ils croient encore, plus prudent et plus sage de respecter une situation basée sur les fondements juridiques les plus solides et sur les traditions sociales les plus" anciennes et les plus incontestées: c'est à la fois leur intérêt et leur devoir ^.

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