Alloc. du 9 novembre
titution, se sont accordés à y voir les marques non équivoques d'une œuvre divine. L'histoire du pouvoir temporel démontre sa parfaite légitimité ; elle en révèle, plus lumineusement encore, la physionomie particulière et la mission singulièrement providentielle.
Pie IX disait du Pasteur suprême des peuples « qu'il doit être dans les catacombes, ou qu'il doit régner \ » Ce n'est pas, nous le savons, sur terre, mais sous terre, que la plupart des premiers Pontifes romains exercèrent leur autorité ". « Et ce fut là, observe justement le cardinal Pecci ^, une sage disposition de la Providence, pour montrer à tout l'univers que l'établissement et la diffusion de l'Eglise étaient une œuvre toute entière de sa main, et qui n'avait point l'appui des puissances humaines. Par conséquent, en ce temps-là, les Pontifes romains furent soumis de fait aux princes laïques, mais on ne pourrait pas assigner un instant où ils aient été obligés en droit de se soumettre à eux. Le suprême pouvoir spirituel des Papes renfermait dans son sein, dès sa première origine, le germe du pouvoir temporel; et au fur et à mesure que se développait naturellement le premier de ces pouvoirs, et selon les conditions extrinsèques qui lui étaient faites, le second allait lui aussi se développant graduellement dans l'espace et dans le temps. »
Dès le quatrième siècle commence ce travail d'organisation territoriale.
La Papauté est sortie de son berceau souterrain; elle déploie ses forces au grand jour. Devant ce fait nouveau et en face de
1. Sylvain, Hist. de Pie IX le Grand et de son Pontificat, 3e éd., t. II, p.
2. Dans les catacombes où le christianisme se réfugia d'abord, " le Souverain Pontife avait son trône ; la société y était admirablement organisée, non seulement au point de vue religieux, mais aussi au point de vue civil. On y célébrait les baptêmes, les mariages, les contrats de toutes sortes. On nommait des juges, des notaires, on distribuait des secours, en un mot tous les actes du berceau à la tombe étaient réglés et surveillés. Le Pape était le souverain légitime, ayant la direction de tout et de tous. Les papes régnant dans les catacombes subirent, il est vrai, presque tous le martyre ; mais ils moururent en souverains, parce qu'ils ne se soumirent pas aux ordres de César " (Solution de la question romaine, trad. Guérin, p. 47).