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Sylvain, Hist. de Pie IX, t. I, pp

2. Il ne s'agit pas, on le comprend, du projet de fédération caressé par Napoléon III et par Cavotir, projet perfide et qui n'eût laissé au Pontife romain qu'une souveraineté dérisoire.

3. La vérité sur la question romaine, par B. O. S., VIII. — Cette brochure fut, dit-on, composée sur l'ordre de Léon XIII et revue par lui.

n'exige une dépendance absolue de son gouvernement central que dans cette étendue de territoire qui est nécessaire pour garantir au Chef de l'Eglise l'indépendance réelle et visible de ses actes. Le lien qui attachait au domaine pontifical maintes communes du moyen âge, tout en conservant la souveraineté, était si souple qu'il ne pourrait même aujourd'hui donner ombrage au plus susceptible des peuples. »

Une organisation fédérale basée sur ces principes, sans entamer la grandeur politique de l'Italie, rétablirait le Saint-Siège dans la jouissance de ses droits temporels; elle assurerait à ses Etats, par d'heureuses conventions, la prospérité en temps de paix, l'inviolabilité en temps de guerre; elle lui rendrait l'éclat de sa dignité et la plénitude de sa liberté.

Cette éventualité d'un pacte fédératif entre les diverses provinces italiennes se produira-t-elle jamais? Nous l'ignorons. Quoi qu'il en soit, l'intérêt et l'honneur de l'Italie gouvernementale lui font un devoir de sortir, par un désistement courageux, de l'anormale situation où la Révolution l'a conduite, et où elle la retient. Une restitution, sous quelque forme qu'on la conçoive, s'impose.

Pour égaler les compensations à l'injustice, cet acte réparateur devrait sans doute remiettre, sans exception et sans condition, sous le sceptre du Pontife romain, tous ses anciens Etats. Plusieurs croient cependant, et non sans raison, que le Saint-Siège, sans renoncer à l'intégrité de ses droits, ne serait pas opposé à une entente basée sur la reconnaissance d'une souveraineté réelle ^, ayant Rome pour siège ^, et s'étendant sur un territoire jugé, par le Pape lui-même, suffisant pour garantir la liberté de ses mouvements et l'efficacité de ses fonctions ^.

1. Léon XIII {Lettre an card. Rampolla, 15 juin 1887) pose, comme "condition indispensable de la pacification en Italie, la restitution d'une vraie souveraineté au Pontife romain ".

2. Dans la même lettre, le Pape remarque que les raisons qui militent en faveur de l'indépendance territoriale du Saint-vSiège s'appliquent tout particulièrement à la ville de Rome, " siège naturel des Souverains Pontifes, centre de la vie de l'Eglise, capitale du monde catholique ".

3. Cf. Godts, ouv. cit., p. 358; Solution de la Question romaine, pp. 165- 166, 203-204. — Au terme d'une série d'articles fortement pensés sur la situation du Pape, voici comment s'exprimait naguère le Père Prélot (Etudes re~

Ce dénouement pacifique, en libérant le chef de l'Eglise du Christ, mettrait fin aux déchirements de la patrie italienne, et causerait un soulagement immense à la société chrétienne tout entière.

Assurément, nous ne nous dissimulons pas les obstacles de tous genres accumulés depuis cinquante ans sur la voie d'une politique réparatrice. Le gouvernement italien, tour à tour complice et esclave des sectes, s'enracine chaque jour davantage dans cette Rome que ses soldats détiennent, que ses fonctionnaires remplissent, que ses terrassiers bouleversent, que ses architectes reconstruisent.

Mais une cause juste puise, dans cette justice même, d'invincibles espérances. L'eau troublée du torrent, sous l'effort des agents physiques, finit par retrouver son cours paisible; le droit assailli et violé, par une loi d'équilibre moral plus forte que les hommes, tend naturellement, irrésistiblement, vers son triomphe.

Le triomphe du Pape-Roi, nous l'attendons de Dieu, maître tout-puissant des destinées et des volontés, des individus et des nations ^ ; nous l'attendons des pouvoirs publics plus éclairés sur la haute portée et le caractère international de la question ro-

ligieuses, t. LXV, pp. 460-461 ) : "Le seul point que l'autorité souveraine ait jusqu'ici mis hors de conteste, c'est le retour de la ville de Rome à ses maîtres légitimes... Pour le surplus, le champ reste ouvert à la variété des combinaisons: zone libre allant du Vatican jusqu'à la mer par Ostie et par Cività Vecchia, ou bien se dirigeant en sens inverse jusqu'à l'Adriatique; le Pape restant ainsi en communication directe et sans intermédiaire avec le monde entier ; son indépendance financière garantie, en outre, s'il le faut, non par des subsides qui sont aléatoires, mais par des immeubles qui lui seraient attribués en Italie et dans les divers pays catholiques. . . Une idée mise récemment en avant par des hommes de grand savoir et de grand dévouement chrétien, est la neutralisation de la ville de Rome et de son territoire. D'après ces publicistes, la neutralisation, innovation de notre siècle, invention de la diplomatie moderne, appliquée déjà avec succès en Suisse, en Belgique, dans le Luxembourg, conviendrait si bien à la Papauté qu'elle semble avoir été faite exprès pour elle. "

I. " Cent soixante et onze fois les Papes furent dépouillés de leur domaine, et autant de fois, exemple inouï dans l'histoire de toute autre souveraineté, ils y furent réintégrés, à des époques et en des circonstances les plus diverses. C'est là vraiment un fait singulier et grave; car il révèle un ordre de Providence spécial et constant. Faut-il s'étonner alors, si les catholiques espèrent le voir renouvelé aussi de nos jours pour la cent soixante-douzième fois?" {La Vérité sur la question romaine par B, O. S., p. 70).

maine ; nous l'attendons de l'opinion catholique plus consciente de sa force, et plus soucieuse de rindépendance de l'Eglise ^ ; nous l'attendons de l'Italie elle-même que le conflit actuel épuise, et pour laquelle il n'y aura jamais de vraie grandeur qu'à l'ombre bienfaisante ou sous les reflets glorieux de la Papauté libre.

Pe IX disait en 1861 ^: «Je puis périr, mais la Papauté ne périra pas. Je peux souffrir le martyre, mais un jour viendra où mes successeurs rentreront dans la plénitude de leurs droits. » C'est avec cette assurance calme et ferme, réfléchie et profonde, que tout fidèle doit envisager l'avenir.

1. Cette opinion ne doit, nulle part, s'endormir. "Afin que la question romaine se maintienne toujours vivante dans la conscience des peuples et qu'ainsi on réserve l'avenir pour les desseins de la divine Providence, il est nécessaire que les catholiques italiens ne laissent échapper aucune occasion d'affirmer hautement leurs convictions sur ce point très important et de réclamer la liberté et l'indépendance territoriale pour leur auguste Chef, suivant ainsi l'exemple des catholiques des autres pays et se conformant aux enseignements constants du Saint-Siège ". (Lettre du card. Rampolla à Tarchev. de Milan, 21 oct. 1901).

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