Ibid., p
3. Sylvain, Hist. de saint Charles Borromée, t. I, ch. 7 : Les dernières sessions du Concile de Trente.
Au Concile du Vatican, pendant que des esprits remuants s'efforçaient de propager parmi les évêques leurs idées d'opposition à rinfaillibilité pontificale, le régalisme et le libéralisme faisaient campagne au dehors pour intimider les Pères et pour leur imposer une attitude de réserve obséquieuse vis-à-vis des prétentions césariennes et des libertés modernes \ Par un aveuglement coupable, on attaquait, au lieu de les défendre, ces grandes assises destinées à consolider le principe d'autorité sur le trône de Saint- Pierre d'abord, puis, par corrélation, dans tous les Etats et sur tous les trônes. Si les puissances catholiques eussent noblement fait leur devoir, ni Rome ne serait tombée aux mains des envahisseurs, ni le Concile en session n'eût interrompu ses travaux, ni la société chrétienne n'aurait été privée des enseignements par lesquels devait se clore cette mémorable assemblée ^.
En conséquence de la défection quasi universelle des pouvoirs publics, on n'eut point, lors du dernier concile œcuménique, le spectacle consolant donné à Trente ^, et dans les conciles antérieurs, de nombreux ambassadeurs ou de respectueux souverains apposant leur signature au bas des décrets agréés et proclamés. Sans emprunter à ces noms laïques aucune valeur intrinsèque, les décisions ainsi paraphées recevaient de la sanction royale ou impériale d'importantes garanties exécutoires. C'était l'Etat s'engageant à soutenir et à favoriser l'Eglise dans la mise en pratique des lois faites pour le progrès religieux et l'avancement moral des peuples.
Au lendemain du Concile de Trente, le secrétaire d'Etat de Pie IV, le cardinal Borromée, s'empressait de rappeler aux princes catholiques ce grave devoir de leur charge :
Il sera, leur écrivait-il, très agréable à Sa Sainteté de vous voir ordonner la publication solennelle des décrets du concile et prêter votre bras, votre aide et votre faveur aux prélats de votre Etat pour leur exécution *.
1. Cf. L. Veuillot, Rome pendant le Concile; Em. Ollivier, L'Eglise et l'Etat au Concile du Vatican.
2. Il est juste de faire observer que l'œuvre doctrinale si imposante de Léon XIII, et les directions et les précisions non moins remarquables de Pie X et de Benoît XV, formulées dans le récent Code de Droit canonique, offrent aux catholiques une digne compensation.