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La hiérarchie catholique y fut rétablie en

sans compter celles, moins complètement réorganisées, de Scandinavie. Ce ne fut pas, parfois, sans de graves difficultés qu'une pareille renaissance put s'accomplir; et dans les archives parlementaires d'Angleterre gît une loi où éclate, contre l'organisation hiérarchique du catholicisme, l'un des derniers cris du vieux fanatisme antiromain \ Cette opposition, du reste, est demeurée impuissante.

Les nations hérétiques, au sein desquelles l'Eglise a successivement rétabli sa hiérarchie, se montrent chaque jour plus conciliantes. Elles découvrent, elles reconnaissent, dans la religion de Rome, l'une des forces qui peuvent le plus efficacement les protéger contre le socialisme trompeur et l'anarchisme destructeur. Les évêchés catholiques y jouissent, non sans doute de la faveur légale accordée auix religions d'Etat, mais d'une existence avouée et d'une liberté de droit commun qui, sans être parfaite ni partout la même, leur permet d'étendre graduellement leur champ d'action.

Cette situation juridique, l'Eglise l'a également conquise jusque dans des contrées infidèles, notamment au Japon où, grâce à un décret du Mikado proclamant la liberté absolue des cultes ^, Léon XIII, par un acte de 1891, put constituer sur des bases régulières la première province ecclésiastique de l'empire. ^

Comment ne pas remarquer le singulier contraste que ces événements font surgir, entre le progrès de l'Eglise dans des pays qui l'affligèrent de si cruelles épreuves, et la condition odieuse faite à cette divine société chez d'autres peuples où le catholicisme joua, pendant si longtemps, un rôle décisif!

La première et essentielle condition de cette liberté que les catholiques, à l'instar des adeptes de tout autre culte, revendiquent pour eux-mêmes, c'est que la hiérarchie dont ils relèvent puisse s'organiser librement et légalement, d'après ses principes fondamentaux: dépendance des chefs subalternes vis-à-vis du

1. Cette loi adoptée en 1851, à la suite de vives réclamations populaires et pour y faire droit, défendait aux évêques d'Angleterre et d'Irlande de prendre les titres de leurs Eglises (Sylvain, Hist. de Pie IX, t. I, ch. 25),

2. Ce décret, émis en 1883, fiât confirmé par la constitution de 1889 (Qîtestions actuelles, t. LXXXVIII, p. 184).

chef suprême qui est le Pape, autorité des Evêques ou de leurs représentants sur toutes les institutions et associations diocésaines. Refuser de reconnaître ce mode d'être de l'Eglise, c'est lui dénier l'existence même.

Des Etats infidèles ou hérétiques l'ont compris, et en vertu de la tolérance officielle qu'ils lui accordent, l'organisation catholique peut garder, déployer, et mettre en action, ce qui constitue son essence et sa vie,

La France, elle, ne s'est pas bornée à déchirer sans motif le pacte séculaire qui l'unissait à l'Eglise; elle a tenté, tout en faisant montre du plus pur libéralisme, d'imposer à cette même Eglise un statut légal qui eût été la négation de sa forme hiérarchique. Le Pape, en condamnant cette loi et le projet des associations dites cultuelles, avait raison de s'écrier ^ :

Qui ne voit que ce projet détruit la constitution même par laquelle Jésus- Christ a façonné l'Eglise acquise au prix de son sangf? Ainsi, on n'y trouve aucune mention du Pontife romain ni des Evêques. Au contraire, toute l'administration et toute la surveillance du culte public sont remises à des associations de citoyens auxquelles seules, dans tout le domaine religieux, la République reconnaît les droits civils. Et si quelque contestation s'élève entre elles, ce n'est pas par les Evêques ni par nous que le litige sera jugé et tranché, mais par le Conseil d'Etat.

La République portugaise, dans une série d'actes arbitraires, et surtout dans sa récente loi de « séparation de l'Eglise et de l'Etat », n'a fait en quelque sorte que reproduire, par un vil démarquage, la législation française: elle aussi ose attenter, de la façon la plus grave, non seulement aux droits concordataires solennellement reconnus, mais aux libertés les plus vitales et à la constitution même de l'Eglise ".

1. Allocution consistoriale du 21 fév. 1906; — voir Tencycl. Vehementer du II fév. 1906, l'encycl. Gravissimo du 10 août de la même année et le commentaire qu'en a fait Mgr Touchet. {Questions actuelles, t. LXXXVIII, pp, 98 et suiv.)

2. Voir l'encycl. de Pie X Jamdudum in Lusitania (24 mai iQu)- — Depuis cette date, grâce à d'importants changements politiques, la situation religieuse au Portugal s'est améliorée, et les relations entre ce pays et le Vatican ont été rétablies.

Le conflit est trop profond pour que de simples expédients puissent y mettre fin.

Aucune relation entre Rome et les pouvoirs publics, soit de France, soit du Portugal, ne saurait être renouée, à moins que ces gouvernements ne consentent à voir dans l'Eglise du Christ ce qu'elle est constitutionnellement : une société autonome, gouvernée pa te Pape et les Evêques.

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