Satolli, De concordatis, pp
3. C'est une des raisons sur lesquelles s'appuient ceux qui, à si juste titre, demandent qu'en général on mette à la tête des diocèses des prélats de même langue et de même race que la majorité des fidèles.
4. Thomassin, Ancien, et noiiv. discipl. de l'Eglise, t. IV, p. 211.
patronnât, ne pouvait rien contre l'opinion des évêques comprovinciaux et du métropolitain chargés par l'autorité supérieure d'infirmer ou de confirmer l'élection populaire ^.
De bonne heure, le concours du peuple dans le choix des évêques, par une extension contagieuse, provoqua l'action électorale des plus hauts représentants de l'élément laïque. D'autant plus que les troubles factieux et les scènes de violence dont on était parfois témoin, fournissaient un prétexte facile à l'ingérence modératrice de la puissance séculière.
Assez souvent, il est vrai, les princes se contentèrent de garantir par leur présence la liberté des élections, ou de ratifier par kur suffrage le libre choix de la majorité : ce rôle pouvait être utile. D'autres fois, malheureusement, il leur arriva de prévenir le jugement des électeurs, et d'imposer de haute main à l'épiscopat impuissant, leurs vues et leur volonté ^. Ce droit qu'ils s'attribuaient de prendre une part active, voire même prépondérante, aux élections épiscopales, et de les contrôler à leur guise, jamais l'Eglise ne voulut le reconnaître comme un attribut essentiel du pouvoir civil. Voyons comment, là-dessus, s'exprimait au neuvième siècle le Ville Concile général ^ :
D'accord avec les conciles antérieurs, ce saint concile œcuménique décide et prescrit que les élections et les consécrations épiscopales se fassent par le vote et la décision du collège des évêques ; et il établit comme une loi qu'aucun des princes ou dignitaires laïques ne doit se mêler de l'élection ou de l'élévation d'un patriarche, ou d'un métropolite ou d'un évêque quelconque... Ni les princes, ni les autres laïques n'ont d'ailleurs aucun pouvoir en ces matières ^ .. . Si cependant un laïque est invité par l'Eglise à concourir et à
1. 1er conc. de Nicée, can. 4 (Dict. de thcol. cath., t. III, col. 1303) ; conc. de Clermont, can. 2, et Ille conc. d'Orléans, can. 3 (Vacandard, Etudes de critique et d'histoire religieuse, 1905, pp. 146-147) ; — cf. Thomassin, ouv. cit., t. IV, 1. II, ch. 4, 5, 7, 8, iJ, etc.
2. Cf. Cavagnis, Inst. jur. publ. eccl., vol. II (3e éd.), nn. 117-153; Vacandard, ouv. cit., Les élections épisc. sous les mérovingiens; Cantiniau, Les nominations épiscop. en France des premiers siècles jusqu'à nos jours, pp. 18 et suiv.