Giobbio, ouv. cit., pp
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Néanmoins, soyons juste. Pendant les quatre derniers siècles^ que d'évêques remarquables, théologiens, orateurs, directeurs et sauveurs d'âmes, ont honoré l'Eglise de France! Elle a essuyé, cette Eglise illustre, les plus effroyables tempêtes. Les idées antiromaines y firent, certes, de nombreuses victimes. Mais alors que soufflait par toute l'Europe un vent de révolte, ni le gallicanisme, ni le jansénisme, ni l'hérésie triomphante de Luther et de Calvin, ne parvinrent à déraciner de tant d'âmes ajx)stoliques françaises l'antique foi des Irénée, des Hilaire et des Martin. L'arbre fut secoué; il tint bon. Et, lorsque éclata la tourmente révolutionnaire, l'épiscopat issu du concordat de 1516 eut, dans son ensemble, l'honneur de tomber, non du côté du schisme, mais du côté romain \
Ajoutons que vers Rome s'est orienté de plus en plus l'épiscopat nouveau, né du concordat de 1801, et que l'inique loi de séparation sous laquelle, présentement, il gémit, dépouillé de ses droits, dépossédé de ses biens, le trouve prêt à tous les sacrifices, à toutes les abnégations, et à tous les dévouements.
Deux mots résumeront toute notre pensée.
Il y a, — et nous croyons l'avoir suffisamment montré, — de bonnes raisons pour justifier le Saint-Siège d'appeler, en certains pays, les chefs d'Etat à une coopération honnête et loyale dans le choix des évêques ; il en existe de bien plus hautes et de siirement plus fortes pour l'engager, quand rien ne s'y oppose, à n'investir du sceptre des âmes que des mains libres de toute attache et de toute servitude gouvernementale.